Euro 2016 (8emes) - Italie - Espagne : L'Italie fait tomber l'Espagne de son trône

le
0

Au terme d’une partition jouée quasiment à la perfection 90 minutes durant, l’Italie d’Antonio Conte a éliminé de manière logique l’Espagne, double tenante du titre (2-0). Pour s’offrir une affiche de rêve face à l’Allemagne samedi en quarts de finale.

Le debrief

Après 2008 et 2012, l’Espagne ne fera pas la passe de trois dans l’Euro. Les doubles tenants du titre ont chuté face à l’Italie sur la pelouse du Stade de France au terme d’un match où la Squadra Azzurra a récité son football pendant la quasi-intégralité des 90 minutes. Les joueurs de Vicente Del Bosque ont paru en manque de solutions tant sur le plan défensif qu’offensif. Il faut dire qu’ils ont fait face à des Italiens qui ont tranché avec leurs habitudes depuis le début du tournoi. Les joueurs d’Antonio Conte ont entamé la rencontre avec le mors aux dents. Sans doute ne devaient-ils pas s’attendre à ça mais les Espagnols ont été pris à la gorge dans les premiers instants et n’ont longtemps tenu la dragée haute à leurs adversaires que grâce aux interventions salvatrices d’un David de Gea inspiré face aux attaquants italiens. Pendant vingt minutes, la Roja n’a fait que subir le jeu et a concédé occasion sur occasion. Et ce jusqu’à la demi-heure de jeu et l’ouverture du score logique mais opportuniste d’un Chiellini inspiré dans cette rencontre. Le break est venu bien tardivement pour une Squadra Azzurra qui a repris sa copieuse domination dès l’entame du second acte. Mais, à force de manquer des occasions franches par le duo Eder-Pellè, qui commence néanmoins à sérieusement se trouver sur le terrain, l’Espagne n’a pas perdu tout espoir et a lancé toutes ses forces dans la bataille. Aduriz, Pedro, Lucas Vazquez sont tous venus mettre sous pression le bloc défensif italien si solide dans les deux premiers matchs de la phase de groupes. Un bloc qui a commencé à dangereusement se fissurer dans les vingt dernières minutes de la rencontre, offrant à Iniesta et Piqué l’occasion de faire briller un Gigi Buffon toujours vert. Des tentatives finalement vaines face à des Italiens recroquevillés en défense dans toute la fin de match, faute de pouvoir faire réellement mieux. Et c’est dans l’exercice si délicat du contre que les Italiens ont scellé le sort de la rencontre. Un match qui confirme les difficultés de l’Espagne face à une équipe construite autour d’un bloc défensif solide et mobile et capable de fuser en attaque. L’Italie de 2016 ressemble un peu aux Pays-Bas de 2014, et l’Espagne avait là aussi chuté, certes plus lourdement. Pour l’Italie, l’avenir, c’est maintenant un quart de finale de rêve, une affiche XXL face à l’Allemagne samedi prochain dans un Matmut Altantique de Bordeaux qui n’attend que ça pour vibrer.

Le film du match

1ere minute Mauvaise relance de Juanfran qui voit De Sciglio s’emparer du ballon et remonter sur l’aile gauche. Il adresse un centre du pied gauche contré par S.Ramos. Dans la continuité, ouverture de Chiellini vers l’aile droite et Florenzi qui efface Jordi Alba et tente de centrer. Le ballon revient sur la tête de Pellè qui manque son geste. De Gea peut dégager. 8eme minute Enorme arrêt de De Gea ! Montée de Chiellini sur l’aile gauche qui obtient un coup-franc. Le centre de Florenzi arrive au deuxième poteau sur la tête de Pellè qui vise le pied du poteau. De Gea se détend parfaitement pour sortir le ballon du cadre in extremis. 19eme minute Réaction espagnole avec une accélération de Nolito sur l’aile gauche qui entre dans la surface et centre en retraite. Morata libère l’espace pour Fabregas qui contrôle à l’entrée de la surface et frappe mais Bonucci est présent pour dévier la tentative du milieu de Chelsea et dégager le danger. 28eme minute Première frappe cadrée espagnole par Iniesta. Le Barcelonais contrôle aux 25 mètres un corner joué en retrait par Nolito et prend sa chance d’une frappe à ras de terre mais Buffon capte facilement la balle. 33eme minute (1-0) Coup-franc dans l’axe suite à une faute de Sergio Ramos sur Pellè, frappé par Eder en force à ras-de-terre. De Gea se couche bien mais relâche le ballon. Giaccherini est vigilant et remet sur un Chiellini à l’affût pour le reprendre juste devant le gardien espagnol et ouvrir assez logiquement le score pour la Squadra Azzurra. 45eme minute Encore De Gea ! Giaccherini est bien lancé par Pellè sur l’aile gauche. Il rentre dans l’axe pour se mettre sur son pied droit et place une frappe croisée qui file en lucarne mais De Gea se détend pour sortir le ballon main opposée. 49eme minute La réponse de Buffon ! Corner frappé depuis l’aile gauche par Iniesta qui le joue avec Silva qui centre aux six mètres dans pour la tête puissance de Morata, qui prend l’avantage sur Florenzi, mais Buffon intercepte le ballon sur sa ligne d’un arrêt réflexe. 55eme minute De Gea sauve encore la patrie en danger ! Sur un contre, Eder est parfaitement lancé en profondeur par Pellè. L’attaquant italien prend de vitesse un Piqué en manque d’arguments et se présente seul face à De Gea. Il ouvre son pied droit mais voit le gardien espagnol réussir un quatrième arrêt dans cette rencontre. 76eme minute Le pétard d’Iniesta ! Suite à un centre venu de la droite où Aduriz prend le ballon à Lucas Vazquez, ce dernier récupère le ballon et remet dans l’axe sur Iniesta. Le Barcelonais contrôle aux 20 mètres et allume la mèche mais Buffon intervient proprement pour dévier le ballon. 77eme minute Au tour de Piqué de solliciter Buffon d’une frappe puissance de l’entrée de la surface du gauche mais l’horizontale de Buffon sort le ballon du cadre, une nouvelle fois. 85eme minute Insigne est bien trouvé dans l’axe par Chiellini. L’attaquant italien s’avance et arme une violente frappe du droit des 20 mètres qui oblige De Gea à dévier le ballon des gants. 89eme minute Buffon sauve à son tour l’Italie ! Sur un coup-franc lointain de De Gea, Piqué est à la réception d’une mauvaise remise de la part de Barzagli et se présente seul face à Buffon. Mais le gardien de la Juventus Turin est une nouvelle fois présent et sort le ballon du cadre. 91eme minute (2-0) Insigne est bien décalé sur l’aile gauche mais décide de changer le jeu. Il trouve Darmian à droite, totalement esseulé, d’une belle transversale. Le Mancunien temporise et centre. Sergio Ramos contre ce centre qui arrive dans les pieds de Pellè qui fusille de près De Gea, impuissant.

Les joueurs à la loupe

Italie L’Italie commence à se trouver une belle ligne d’attaque. PELLE et EDER se trouvent de plus en plus facilement sur le terrain et les automatismes mettent toujours plus les défenses adverses en danger. Si Pellè a dû attendre les derniers instants pour concrétiser son match avec un but, Eder a beaucoup bougé avant de céder sa place à INSIGNE, à l’origine de l’action du deuxième but. Si devant, ça va bien, derrière, c’est toujours aussi solide. Le trio BARZAGLI-BONUCCI-CHIELLINI a réalisé un match quasiment parfait pour juguler une attaque espagnole rarement venimeuse. Ces deux derniers ont même tenté des choses sur le plan offensif, avec des rushs inspirés. Sur les côtés, DE SCIGLIO a fait un match dans la lignée de ses prestations dans cet Euro quand FLORENZI a parfaitement suppléé Candreva, étant au four et au moulin sur son aile droite. Si BUFFON a fait ce qu’il avait à faire sur les rares occasions espagnoles, le milieu PAROLO-DE ROSSI-GIACCHERINI a été le parfait ordonnateur, régulateur du jeu italien, alternant relances courtes et ouvertures directes vers les attaquants. Sous la menace d’un carton jaune, De Rossi a cédé sa place avant l’heure de jeu à THIAGO MOTTA, qui a été propre dans ses interventions mais n’a pas su s’empêcher de jouer des coudes et a pris, lui, le carton jaune qui le privera du quart de finale face à l’Allemagne. Espagne DE GEA aurait pu être le sauveur de la patrie. Le gardien de Manchester United a une nouvelle fois montré que Vicente del Bosque a eu raison de le préférer à Casillas pour cet Euro. Il a réalisé arrêt réflexe sur miracle dans cette rencontre mais a été piégé sur le premier but avant d’être fusillé sur le deuxième. Sans lui, le score aurait été bien plus lourd, à l’image du match face aux Pays-Bas en 2014. Le trio offensif SILVA-MORATA-NOLITO a clairement déçu. Le joueur de Manchester City a eu une influence sur le jeu espagnol pas loin d’être nulle et n’a pas été dans les bons coups. L’ailier du Celta Vigo s’est bougé sur son aile droite mais de manière insuffisante avant d’être remplacé par ADURIZ. L’attaquant de l’Athletic Bilbao s’est démené mais sans changer fondamentalement le jeu espagnol. Touché, il a dû céder sa place pour la fin de match à PEDRO, qui a été quasiment invisible. Dans l’axe, Morata a fait ce qu’il a pu mais il s’est noyé dans le bloc défensif italien avant de céder sa place à LUCAS VAZQUEZ, qui n’a pas eu plus de réussite. Au milieu, FABREGAS n’a pas un bon match. En manque d’inspiration, le joueur de Chelsea n’a rien apporté durant toute la rencontre. A l’opposé, INIESTA a été dans son registre, important à la relance et aussi à la finition mais il n’a pas su se mettre plus en avant, gêné lui aussi par la rugueuse défense italienne. En sentinelle, BUSQUETS n’a pas fait de vagues et a tenu son rôle proprement. La défense centrale PIQUE-S.RAMOS a fait ce qu’elle a pu dans cette rencontre mais a manqué de vision du jeu face aux attaquants italiens. Sur les côtés, tant JUANFRAN que JORDI ALBA ont manqué leur match, laissant trop d’espaces en défense et n’apportant pas suffisamment devant, surtout pour le Barcelonais.

Monsieur l’arbitre au rapport

M. Çakir a fait un match correct, malgré certaines décisions assez discutables comme un contact sans doute répréhensible de Piqué sur Pellè qu’il a jugé comme un duel épaule contre épaule. Pas sûr qu’il ait convaincu l’UEFA de continuer l’aventure...

Ça s’est passé en coulisses…

- Quatre matchs dans cet Euro 2016 pour l’Espagne et, pour la quatrième fois de suite, Vicente del Bosque a fait confiance au même onze de départ. Le sélectionneur espagnol n’a pas tenté une éventuelle adaptation au 3-5-2 habituel d’Antonio Conte, un système qui a permis aux Pays-Bas d’étriller la Roja lors de la dernière Coupe du monde. - Antonio Candreva forfait en raison d’une blessure aux adducteurs, Antonio Conte a été contraint et forcé de faire un changement dans son onze de départ habituel, de retour face à l’Espagne après une large revue d’effectif face à l’Irlande. Pour prendre la place du joueur de la Lazio Rome, le futur entraîneur de Chelsea a décidé de titulariser Alessandro Florenzi, comme attendu. - Ce huitième de finale de l’Euro 2016 n’est, ni plus, ni moins, que la revanche de la finale de la dernière édition, disputée en Ukraine il y a quatre ans de cela. Une finale qui reste encore en travers de la gorge de la Squadra Azzurra, sévèrement battue (4-0) à cette occasion.

La feuille de match

Euro 2016 (8emes de finale) / ITALIE – ESPAGNE : 2-0

Stade de France (76 165 spectateurs) Temps pluvieux - Pelouse en bon état Arbitre : M. Çakir (TUR) (4) Buts : Chiellini (33eme) et Pellè (91eme) pour l’Italie Avertissements : De Sciglio (24eme), Pellè (54eme) et Thiago Motta (89eme) pour l’Italie - Nolito (41eme), Busquets (89eme) et Silva (94eme) pour l’Espagne Expulsion : Aucune Italie Buffon (cap) (6) - Barzagli (5), Bonucci (6), Chiellini (6) - Florenzi (6) puis Darmian (84eme), Parolo (5), De Rossi (6) puis Thiago Motta (54eme), Giaccherini (6), De Sciglio (6) - Pellè (7), Eder (6) puis Insigne (82eme) N'ont pas participé : Sirigu (g), Marchetti (g), Ogbonna, Candreva, Zaza, Sturaro, Bernardeschi, El Shaarawy Sélectionneur : A.Conte Espagne De Gea (7) - Juanfran (3), Piqué (5), S.Ramos (cap) (5), Jordi Alba (3) - Fabregas (3), Busquets (5), Iniesta (6) - Silva (3), Morata (4) puis Lucas Vazquez (70eme), Nolito (4) puis Aduriz (46eme) puis Pedro (82eme) N'ont pas participé : Casillas (g), Rico (g), Azpilicueta, Bartra, Koke, Bellerin, Thiago Alcantara, San José, Bruno Soriano Sélectionneur : V.Del Bosque
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant