Etudiants disparus: les experts internationaux critiquent Mexico

le
0
    MEXICO, 25 avril (Reuters) - Les experts internationaux qui 
ont enquêté sur la disparition et le massacre de 43 étudiants au 
Mexique en septembre 2014 ont dénoncé dimanche au terme de leur 
mission le manque de coopération du gouvernement et du parquet 
mexicains. 
    Les experts ont notamment déploré pendant une conférence de 
presse à Mexico que le bureau du procureur général ne leur ait 
pas permis d'interroger à nouveau les membres d'un cartel 
emprisonnés qui auraient avoué avoir assassiné les étudiants, 
disparus après des affrontements avec la police à Iguala, dans 
le sud du pays. 
    Ils l'ont aussi accusé de ne pas leur avoir transmis dans 
les temps certaines informations et d'avoir ignoré des pistes 
d'enquête qui lui avaient été suggérées. 
    Selon le rapport des experts, envoyés à l'initiative de la 
Commission interaméricaine des droits de l'homme, les délais 
avec lesquels certaines preuves qui auraient pu donner une 
nouvelle orientation à l'enquête leur ont été remises 
équivalaient à "accorder l'impunité" aux auteurs de ce crime. 
    Le gouvernement mexicain a mis en cause des policiers 
municipaux corrompus qui auraient livré les étudiants à des 
hommes de main d'un gang de trafiquants de drogue, lesquels les 
auraient assassiné avant de brûler leurs corps dans une décharge 
de l'Etat de Guerrero. 
    Les enquêteurs n'ont selon les autorités pu identifier les 
restes que d'un seul des 43 étudiants à partir d'un fragment 
d'os calciné, qui aurait été retrouvé dans une rivière près de 
la ville d'Iguala. 
    Les experts internationaux ont dit douter de la version du 
gouvernement en invoquant notamment des raisons scientifiques, 
dont la température extrême nécessaire pour réduire des 
ossements en cendres.  
    Ils ont eux aussi conclu à la responsabilité de policiers 
municipaux mais estimé que la police fédérale aurait également 
dû faire l'objet d'une enquête, ce que les autorités ont refusé. 
    Les enquêteurs n'ont notamment pas été autorisés à 
interroger les militaires qui avaient été déployés à Iguala le 
soir où les affrontements avec les étudiants ont éclaté et des 
photos et vidéos des accrochages ne leur ont pas été transmises 
par l'armée. 
    Plus de 1.000 personnes ont assisté à la conférence de 
presse et certains ont crié aux experts de ne pas s'en aller 
lorsque celle-ci s'est terminée. 
    Alors que Mexico a décidé de ne pas renouveler le mandat de 
la commission d'enquête internationale, le président Pena Nieto, 
dont l'autorité a été éclaboussée par cette affaire, a déclaré 
sur son compte Twitter qu'il "remerciait" les experts et que le 
parquet étudierait leur rapport. 
     
 
 (Anahi Rama et Lizbeth Diaz; Tangi Salaün pour le service 
français) 
 )
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant