Etudiant-Tension diplomatique entre l'Italie et l'Egypte

le , mis à jour à 22:37
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 (Précisions) 
    par Amina Ismail et Haitham Ahmed 
    LE CAIRE, 9 avril (Reuters) - La crise diplomatique entre 
l'Italie et l'Egypte est due au refus du Caire de remettre aux 
enquêteurs italiens des enregistrements téléphoniques recueillis 
dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat en début d'année 
d'un étudiant italien, Giulio Regeni, a déclaré samedi le 
parquet égyptien. 
    "Cette exigence (de la part de Rome) est contraire à notre 
Constitution et à notre législation", a dit le procureur 
Moustafa Souleïmane lors d'une conférence de presse, au 
lendemain de son retour de Rome. Il a assuré que son pays avait 
répondu "à 98%" aux demandes italiennes. 
    Il a ajouté que les résultats des investigations menées par 
le parquet égyptien, concernant notamment ces appels 
téléphoniques, seraient communiqués ultérieurement aux autorités 
italiennes, conformément à la loi. 
    Giulio Regeni, 28 ans, a disparu au Caire le 25 janvier, 
jour anniversaire du début du soulèvement de 2011. Son cadavre  
portant des traces de torture a été découvert le 3 février au 
bord d'une route dans un faubourg de la capitale égyptienne. 
    L'Italie, a expliqué le procureur, a demandé tous les 
enregistrements téléphoniques des zones où vivait Regeni, où il 
a disparu et où son corps a été retrouvé, ce qui pourrait 
représenter près d'un million d'appels. 
    Moustafa Souleïmane a ajouté que les conclusions des 
autopsies de Giulio Regeni pratiquées par l'Egypte et par 
l'Italie étaient pratiquement identiques. 
         
    "TRANSPARENCE" 
    L'Italie a rappelé vendredi son ambassadeur en Egypte, 
Maurizio Massari, pour consultations afin d'examiner les mesures 
à prendre pour faire toute la lumière sur cet "assassinat 
barbare". 
    Samedi, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh 
Choukry, a téléphoné à son homologue italien Paolo Gentiloni 
pour déplorer cette décision et pour souligner la "transparence" 
de son pays dans cette affaire, rapporte l'agence de presse 
égyptienne Mena. 
    Le chef de la diplomatie égyptienne a également regretté la 
"tournure politique" prise par ce dossier, ajoute Mena. 
    Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ahmed 
Abou Zeid, a affirmé que son pays n'avait rien à cacher. 
    "Nous nous appuyons sur du solide, nous n'avons rien à 
cacher sur l'assassinat de Regeni, nous devons avoir confiance 
en nous, en nos capacités et dans la crédibilité de notre 
action", a-t-il dit à la chaîne de télévision privée Hayat.   
    Des représentants du parquet de Rome se sont entretenus 
jeudi et vendredi avec des enquêteurs égyptiens qui leur ont 
remis une partie mais pas tous les éléments de l'enquête 
demandés par la justice italienne. 
    Giulio Regeni effectuait des recherches sur les syndicats 
indépendants en Egypte. Selon plusieurs ONG, les marques de 
torture retrouvées sur son corps laissent penser qu'il est mort 
aux mains des services de sécurité, accusation rejetée par les 
autorités égyptiennes. 
    Fin mars, ces dernières ont annoncé la mort de plusieurs 
membres d'un gang criminel "spécialisé dans l'enlèvement 
d'étrangers" qui auraient été retrouvés en possession d'objets 
ayant appartenu à l'étudiant italien, dont son passeport. 
 
 (Avec Lin Noueihed et Ali Abdelatti; Guy Kerivel pour le 
service français) 
 
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