Étiquetage nutritionnel: l'UFC-Que choisir favorable au système des feux tricolores

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L'association estime que ce système simplifié est limpide pour les consommateurs, et qu'il incitera les industriels à améliorer la qualité nutritionnelle de leurs recettes.

Bonne nouvelle pour les gourmands: déguster un cassoulet William Saurin ou un couscous garni serait loin d'être une entorse à un régime nutritionnel équilibré. C'est même beaucoup plus sain que de déguster un friand à la viande. Idem au petit déjeuner: il est aussi bon (ou mauvais) de prendre un bol de céréales Smacks (Kellogg's) au miel, que de Spécial K (Nestlé) ou de Fitness (Kellogg's). C'est l'un des grands enseignements d'une étude de l'association UFC-Que choisir, qui publie ce mardi les résultats d'un test sur 300 produits de consommation courante porteurs d'un étiquetage nutritionnel simplifié par code couleur (allant du vert au rouge).

Selon l'association, le système, théorisé par le professeur Hercberg et déjà présent en Angleterre, aurait de nombreuses vertus: outre sa simplicité de compréhension pour les consommateurs, il permettrait de combattre les idées reçues sur les qualités nutritionnelles de tel ou tel produit. «C'est surtout une arme très efficace contre le marketing nutritionnel des industriels, qui montent en épingle artificiellement une qualité nutritionnelle (moins de sel, ou moins de gras), sans tenir compte de la qualité nutritionnelle globale du produit (qui peut être par ailleurs trop sucré par exemple)» explique un porte-parole de l'UFC-Que choisir.

Rien de tout cela avec l'étiquetage coloriel, estime l'association, pourvu que le nombre de couleurs soit assez grand, et surtout que les industriels jouent le jeu. En effet, en vertu de la réglementation européenne qui impose déjà un étiquetage nutritionnel chiffré (Inco), les pays membres ne peuvent imposer au niveau national un autre système. Toute initiative sera donc volontaire. Or producteurs, distributeurs et surtout industriels français sont opposés à ce système de «trafic lights», qui selon eux stigmatise les produits «rouge» comme produits interdits. Pour l'UFC, un système coloriel basé sur deux couleurs serait en effet inefficace car trop dissuasif sur certaines catégories de produits.

Bonne répartition des produits par couleur

En revanche, les tests menés sur 300 produits entrant dans la composition des quatre repas quotidiens montrent qu'à partir de cinq couleurs, le système est efficace. «Hormis pour le goûter, l'offre alimentaire actuelle propose une bonne répartition des aliments existants dans les différentes couleurs», poursuit-on à l'UFC, qui estime enfin que le code coloriel incitera les industriels à améliorer la qualité de leurs recettes. Ce qui n'est pas la tendance des dernières années, remarque l'association, particulièrement sur certaines catégories de produits comme les céréales du petit-déjeuner qui au fil du temps sont passées du vert (A), au rose (D).

Le débat sur l'étiquetage des produits n'est pas terminé. Si la ministre de la Santé Marisol Touraine a inscrit dans son projet de loi de santé publique (qui sera présenté mi-mars) le principe d'un étiquetage simplifié et unique, les professionnels de l'agroalimentaire militent encore fortement pour l'abandon de l'idée du «trafic lights». Si Marisol Touraine ne semble pas réceptive à leurs arguments, il en va autrement du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll et de la secrétaire d'État chargée du Commerce, Carole Delga.

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