Ethiopie-Plus de 90 manifestants abattus, selon l'opposition

le
0
 (Bilan actualisé,) 
    ADDIS ABEBA, 8 août (Reuters) - Les forces de sécurité 
éthiopiennes ont tué plus de 90 personnes durant le week-end 
lors de manifestations dans les régions d'Oromia et d'Amhara, 
ont rapporté lundi des habitants et des membres des partis 
d'opposition. 
    Mulatu Gemechu, député du Congrès fédéraliste Oromo, l'un de 
ces mouvements politiques, a déclaré que des policiers et des 
militaires avaient abattu des manifestants dans dix villes de la 
région d'Oromia. 
    Des projets d'expropriation de terres agricoles ont provoqué 
des tensions depuis plusieurs mois dans cette région du centre 
de l'Ethiopie. 
    "Nous avons établi une liste de 33 manifestants tués par les 
forces de sécurité mais je suis plus que sûr que ce nombre va 
augmenter", a dit Mulatu Gemechu. "Vingt-six personnes ont aussi 
été blessées et beaucoup d'autres ont été arrêtées", a-t-il 
ajouté. 
    Le gouvernement d'Addis Abeba n'a fait aucun commentaire. 
L'agence de presse officielle éthiopienne a rapporté que des 
"manifestations illégales", menées par des "forces 
non-pacifiques", avaient été maîtrisées mais elle n'a pas 
mentionné le nombre de victimes.  
    Dans la région d'Amhara, dans le nord du pays, des habitants 
ont déclaré que les forces de l'ordre avaient ouvert le feu sur 
des manifestants qui réclamaient qu'un territoire rattaché il y 
a deux décennies à la région voisine du Tigré leur soit 
restitué. 
    "Les soldats ont tiré à balles réelles sur les manifestants. 
Les hôpitaux sont pleins de morts et de blessés", a déclaré un 
habitant en avançant le chiffre de 60 morts. 
    Amnesty International a estimé que la répression dans la 
ville de Bahir Dar, où les manifestations se poursuivaient 
lundi, avait fait au moins 30 morts en une seule journée et 
qu'on pouvait peut-être parler d'"exécutions extrajudiciaires". 
    Un porte-parole du gouvernement régional a fourni aux médias 
officiels un bilan de sept morts pendant le week-end.   
    Tout signe de protestation est surveillé de près en 
Ethiopie, qui apparaît depuis quelques années comme une 
puissance économique relativement stable dans la région. 
 
 (Aaron Maasho, Laura Martin et Tangi Salaün pour le service 
français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant