Etat de grâce dans son pays pour le Premier ministre grec

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par Renee Maltezou et Deepa Babington ATHENES, 3 février (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, qui a formé son gouvernement il y a une semaine et semble bien décidé à tenir ses promesses de campagne contre l'austérité, connaît un véritable état de grâce dans son pays. Un sondage mené la semaine dernière pour le journal Parapolitika montre que 68% des Grecs sont satisfaits de lui comme chef du gouvernement. Environ la moitié des mille personnes interrogées disent espérer en l'avenir, tandis que 45% demeurent inquiètes. Selon une autre enquête de Public Issue pour Avgi, l'organe du parti Syriza de Tsipras, 50% des Grecs se disent soulagés par l'arrivée au pouvoir du parti de la gauche radicale, et 26% sont indifférents. Près de 70% sont convaincus que Syriza était tout à fait prêt à prendre les rênes du pouvoir. La nouvelle équipe se veut près du peuple. Plusieurs ministres, souvent sans cravate, comme Tsipras, se sont rendus à leurs bureaux la semaine dernière au volant de leur propre voiture, se passant ostensiblement d'un chauffeur et râlant devant les caméras contre les bouchons. Les barricades qui avaient été érigées devant le parlement pour contenir les manifestants ont été enlevées. Lors d'une manifestation le week-end dernier, la police anti-émeute n'est pas apparue. Le gouvernement n'a pas attendu pour annoncer des mesures fortes, prévues dans son programme: hausse du salaire minimum, suspension de certaines privatisations, réintégration de fonctionnaires licenciés, rétablissement d'une prime de Noël pour les retraites les plus basses. OFFENSIVE DIPLOMATIQUE "Tsipras fait bien mieux qu'on ne s'y attendait, autant en Grèce qu'à l'étranger", dit Costas Panagopoulos, qui dirige l'institut de sondage Alco. Pour lui, la première semaine de Syriza au pouvoir, avec ses alliés souverainistes, les Grecs indépendants, a apporté une dose d'espoir au pays. "Une grande partie de la société en avait assez de toutes ces années où le pays a été maltraité, méprisé, privé de sa souveraineté." La "troïka" des créanciers (Fonds monétaire international, Banque centrale et Commission européennes) n'est clairement plus la bienvenue à Athènes. "Les gens sentent déjà qu'ils peuvent respirer, quel que soit ce que l'avenir nous réserve", dit Anthi Apostolopoulou, une ménagère de 55 ans qui fait son marché dans le centre d'Athènes. "Nous ne sommes que dans les premiers jours du nouveau gouvernement mais on voit déjà ce qu'il veut faire." Fort du soutien des Grecs, le Premier ministre mène cette semaine une offensive diplomatique pour tenter de rassurer ses partenaires européens et dans ses discussions son message apparaît plus nuancé que lors de la campagne électorale. Il sera mercredi à Paris et verra aussi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. "LE GOUVERNEMENT NÉGOCIE ENFIN" Son ministre des Finances Yanis Varoufakis, lors de son passage dimanche dans la capitale française, a proposé d'élaborer des propositions d'ici un mois afin de parvenir à un accord avec les créanciers internationaux et a exclu de solliciter une nouvelle tranche d'aide d'ici là. Reçu lundi à Londres, mardi à Rome, Varoufakis se rendra jeudi à Berlin. Lundi, selon une source informée, il aurait proposé d'échanger la dette publique grecque détenue par la Banque centrale européenne (BCE) et le secteur public contre des obligations indexées sur la croissance et des obligations perpétuelles, évitant ainsi de faire subir des pertes à la dette détenue par le secteur privé. ID:nL6N0VC4I6 Cette idée a suscité la surprise à Athènes, après les promesses sur un effacement pur et simple de la dette envers l'Europe, et le ministre de Finances a publié mardi un communiqué précisant que ses propos avaient été mal interprétés. Mardi matin, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Sakellaridis, a souligné que le nouveau pouvoir était déjà parvenu à faire tourner le débat dans l'Union autour des politiques d'austérité. "Pour la première fois, l'Europe discute d'une fin de l'austérité alors qu'il y a à peine dix jours il n'était question que de baisser les retraites et les salaires", a-t-il dit. "Les gens se rendent compte, pour la première fois, que le gouvernement grec négocie enfin..." Voir aussi: La Grèce soulage les marches, reste à convaincre les politiques ID:nL6N0VD3VA (Avec Costas Pitas; Guy Kerivel pour le service français)

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