Etat d'urgence et couvre-feu à Ferguson dans le Missouri

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(Avec déclaration de l'état d'urgence et couvre-feu) par Ellen Wulfhorst et Nick Carey FERGUSON, Missouri, 16 août (Reuters) - Le gouverneur du Missouri a décrété l'état d'urgence et imposé un couvre-feu dans la petite ville de Ferguson, samedi, pour tenter de mettre fin aux violences provoquées par la mort de Michael Brown, un adolescent noir abattu il y a une semaine par un policier. Le couvre-feu sera en vigueur entre minuit et cinq heures du matin, a précisé le capitaine de la police des autoroutes Ron Johnson, chargé par le gouverneur d'assurer la sécurité dans la communauté urbaine de St Louis. "Nous allons voir si une communauté, cette communauté, peut rompre le cycle de la peur, de la défiance et de la violence, et les remplacer par la paix, la force et, au bout du compte, la justice", a dit le gouverneur Jay Nixon dans déclaration faite dans une église proche de Ferguson. Cette annonce a provoqué la colère des habitants de la petite ville présents dans l'église, dont l'un a essayé d'interrompre le gouverneur. Malgré les gestes d'apaisement du nouveau chef de la police de Ferguson, Tom Jackson, un capitaine afro-américain, les violences ont repris tard vendredi soir après que la police a rendu public le nom de l'agent qui a abattu Michael Brown alors que celui-ci n'était pas armé. Lors d'une conférence de presse, la police de la ville a identifié Darren Wilson, 28 ans, comme étant le policier qui a tiré. Elle a aussi indiqué, vidéo à l'appui, que la victime, âgée de 18 ans, était soupçonnée d'un vol de cigares dans un magasin. La relation entre la mort de l'adolescent et le vol de cigares est devenue moins claire quand, plus de cinq heures après avoir fourni ces informations, la police a déclaré que le Darren Wilson ne savait pas que Michael Brown était soupçonné de vol. Il voulait simplement que l'adolescent, qui marchait au milieu de la rue et bloquait la circulation, monte sur le trottoir, a déclaré le chef de la police de Ferguson. Antony Gray, un des avocats de la famille Brown, a estimé que l'histoire du vol était une manière pour la police de faire diversion et que la véritable question était de savoir pourquoi le policier avait tiré sur un jeune homme non armé qui levait les mains en l'air pour montrer qu'il se rendait, selon le récit de deux témoins. RASSEMBLEMENT DIMANCHE Dans la soirée de vendredi, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser un groupe de personnes près d'une épicerie vendant de l'alcool avant que des pillages soient signalés. Un magasin a été incendié et un policier a été blessé à la tête par un projectile, sans doute une bouteille ou une pierre, pendant cette sixième nuit d'agitation depuis le décès du jeune homme le 9 août. Le révérend Al Sharpton, président de l'association National Action Network, a annoncé qu'il prendrait la tête d'un rassemblement dimanche avec la famille de Michael Brown, qui a exprimé sa colère contre la police dans un communiqué publié sur Twitter. "Il n'y a rien, à partir des faits qui ont été mis devant nous, qui puisse justifier le meurtre en forme d'exécution de (notre) enfant par cet officier de police alors qu'il levait les mains, ce qui est le signe universel de la reddition", lit-on dans le communiqué. Selon la version de la police, celle-ci a reçu un appel à propos du vol et d'une altercation qui a suivi avec un employé à 11h51 le 9 août. Une description du suspect a été diffusée aux policiers de service par radio. Le policier Darren Wilson a abandonné un précédent appel auquel il avait répondu et c'est alors qu'il est tombé sur Michael Brown à 12h01. Trois minutes plus tard, Darren Wilson blessait mortellement Michael Brown. Dans un récit précédent, la police avait indiqué que Michael Brown était parvenu jusqu'à la voiture de patrouille et s'était battu avec Darren Wilson avant que l'officier ne sorte son arme de service et ne tire sur l'adolescent à de multiples reprises. Darren Wilson avait été blessé au visage et avait reçu des soins à l'hôpital. Mais Dorian Johnson, l'ami de l'adolescent, qui se trouvait avec lui ce jour-là, ainsi qu'un autre témoin, ont dit que le jeune homme tentait de s'éloigner du policier qui avait tenté de l'attraper après lui avoir dit de monter sur le trottoir. Michael Brown a alors levé les mains mais s'est néanmoins fait tirer dessus, ont-ils raconté. La police a reconnu que le corps de Michael Brown était à une dizaine de mètres de la voiture de police quand il est mort et que de nombreuses douilles avaient été retrouvées sur les lieux. (Danielle Rouquié et Tangi Salaün pour le service français)

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