État d'alerte sur les dépôts bancaires

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Reuters / Y. Nisiotis
Reuters / Y. Nisiotis

(lerevenu.com) - La taxation des dépôts bancaires chypriotes décidée par les ministres des Finances de la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI), en contrepartie d'un plan de sauvetage de l'île, crée-t-elle un précédent augurant de telles mesures d'urgence en Espagne et Italie ? Même si l'île ne représente que 0,2% du produit intérieur brut de la zone, la mesure, qui doit être encore ratifiée, aujourd'hui, par le Parlement chypriote, provoque en tout cas le repli de l'euro et surtout des ventes soutenues de valeurs bancaires à Paris.

Pour accepter ce plan de sauvetage de 10 milliards d'euros, l'Allemagne a fait pression pour que les contribuables européens ne soient pas les seuls à participer à l'effort. Les déposants chypriotes seront mis eux aussi à contribution. Les clients russes des banques de l'île n'échapperont pas non plus à ce prélèvement qui devrait leur coûter environ 2 milliards d'euros, sur le total de 5,8 milliards d'euros qu'il procurera. La taxe prévue est de 9,9% pour les dépôts supérieurs à 100.000 euros et de 6,7% en deçà. Les dépôts bancaires des Chypriotes s'élèvent à 43 milliards d'euros.

Dans une note publiée ce jour, le Crédit Agricole écrit que ?la taxe pourrait avoir une large répercussion sur les dépôts des banques dans d'autres pays périphériques de la zone euro?. Reste que Chypre n'est pas l'Espagne, ni l'Italie, deux grands pays qui savent, eux, lever l'impôt et qui n'ont rien d'un paradis fiscal comme l'île où l'impôt sur les sociétés de 10% sera modestement relevé à 12,5%, à l'occasion de ce plan.

La Bourse semble donc craindre que les résidents chypriotes qui se sont rués, dimanche, sur les distributeurs de billets, fassent école dans le sud de l'Europe, dans les mois prochains. Néanmoins, que peut craindre un épargnant français qui, grâce à la loi de finances 2013, a déjà vu la taxation des revenus et des plus-values de ses placements faire un bond impressionnant ?

La taxation des dépôts bancaires chypriotes n'est pas non plus la première mesure confiscatoire de ce genre. Lors de la grande dépression des années trente, les États-Unis ont eu recours à une mesure encore plus violente, celle de la confiscation de tous les avoirs en or des particuliers. Un décret d'avril 1933, pris par le président américain Franklin D. Roosevelt, avait, en effet, interdit la détention de pièces d'or, de lingots et de tous certificats représentatifs du métal jaune, sous peine de lourdes amendes, voire de peines de prison.

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