Etape "décisive" vers la candidature de Paris aux JO 2024

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* Anne Hidalgo parle d'un "pas déterminant" * La maire paraît encline à s'engager, réservée sur le coût * Le mouvement sportif parle d'un budget de E6,2 milliards * Vote du Conseil de Paris mi-avril (Ajoute détails, citations) par Gregory Blachier PARIS, 12 février (Reuters) - Paris a réalisé jeudi un pas "décisif" vers une candidature à l'organisation des Jeux olympiques de 2024 avec la présentation d'une étude réalisée par le mouvement sportif, qui semble en mesure de vaincre les réticences des autorités de la capitale malgré les doutes sur le coût réel de l'événement. La maire Anne Hidalgo, qui n'a jamais caché ses réserves quant à la pertinence d'une candidature, a cédé du terrain ces derniers jours aux partisans de Paris 2024, au premier rang desquels François Hollande, et plus encore jeudi. Deux jours après avoir dit que Paris se lancerait dans la course si la Ville était "en capacité de gagner", après trois échecs dont le dernier, en 2005 pour les Jeux de 2012, fut cuisant, elle paraît prête à se laisser convaincre. Après s'être vu remettre l'étude d'opportunité, un document préparatoire visant à évaluer les conditions d'une candidature et d'une victoire, elle a rappelé que le projet ne pouvait être porté uniquement par l'"enthousiasme" et l'"impatience". Or, a-t-elle souligné, le document qui lui a été remis parle au "coeur" et à la "raison" tout à la fois. "Aujourd'hui, nous faisons un pas de plus, déterminant, dans l'engagement de Paris dans la compétition olympique", a-t-elle ajouté. Si Anne Hidalgo fait encore état de réserves sur le budget des Jeux, Bernard Lapasset et Denis Masseglia, présidents du comité français du sport international et du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) respectivement, ont dit à la presse avoir reçu de sa part un signal positif. HYPOTHÈSE BASSE POUR LE BUDGET Les deux hommes ont évoqué la nécessité de "fixer un cap", de faire preuve de "méthode". Denis Masseglia a rappelé que pour 2012, Paris s'était lancé avant d'avoir un projet et qu'il était nécessaire de procéder dans l'ordre, cette fois. Leur étude, qui devait aussi être présentée au président de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon, donne les grandes lignes d'un événement qui dépasserait le cadre sportif, qui serait "au coeur du projet de société", a dit Denis Masseglia. Pour fédérer, les porteurs de la candidature, dont le triple champion olympique de canoë Tony Estanguet sera la figure de proue sportive, veulent innover, avec notamment une campagne de financement participatif qui serait lancée en septembre et 250 propositions de projets pérennes issues d'ateliers. L'étude insiste aussi sur les atouts de Paris : patrimoine (Champs-de-Mars, Grand Palais), équipements sportifs (Stade de France, Roland-Garros, Bercy) même s'il faudra construire une piscine et un village olympique de 17.000 lits dont la proximité des sites est essentielle, voire des salles omnisports, et réseau de transports avec quelque 32 milliards d'euros d'investissement déjà prévus autour du "Grand Paris". Surtout, il établit une hypothèse basse quant au coût des Jeux, le nerf du débat, avec une estimation à 6,2 milliards d'euros, pour l'essentiel financés par le privé. Une candidature coûte, elle, entre 50 et 100 millions d'euros. Le budget du comité d'organisation serait de 3,2 milliards d'euros, dont seulement 3% d'argent public puisque le Comité international olympique devrait apporter 1,8 milliard, les sponsors et la billetterie le reste. Le budget des infrastructures pérennes serait, lui, de 3 milliards financés entre public et privé selon la finalité des équipements. Anne Hidalgo reste encore réservée sur cet aspect, sans doute à raison puisque le coût estimé est bien inférieur à celui des Jeux de Londres 2012, où la facture s'était élevée à près de 15 milliards d'euros au final. "Le modèle économique doit encore être précisé (...) et donc je souhaite que nous puissions nous retrouver avec le monde économique et le mouvement sportif pour travailler le modèle économique", a-t-elle dit. Anne Hidalgo soumettra le projet de candidature au vote des vingt maires d'arrondissements en mars puis lors du Conseil de Paris des 13 et 14 avril prochains. La demande de candidature doit être déposée au CIO le 15 septembre. Les candidats retenus seront connus au printemps 2016 et la ville hôte à l'été 2017. Pour l'heure, Boston (Etats-Unis) et Rome veulent se lancer et Berlin y réfléchit. Les Jeux de 2016 auront lieu à Rio de Janeiro et ceux de 2020 à Tokyo. (Edité par Yves Clarisse)

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