Et soudain, la parole s'est libérée 

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REPORTAGE - Au siège de la jeune radio Express FM, la révolution a été vécue en direct avec ferveur. Quinze heures de libre antenne, non-stop, à recueillir cris de joie, témoignages et appels à l'aide adressés à l'armée pour être protégé des milices.

Une pluie d'appels inonde le standard d'Express FM, à la périphérie de Tunis. De l'autre côté de la vitre, dans le studio, Wassim Ben Larbi redresse son casque à la hâte : «Ça y est, nous sommes en ligne avec notre correspondante qui se trouve au siège de l'Utica» (Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat), lance le jeune présentateur. Le bourdonnement inaudible d'une foule en furie perce aussitôt les ondes. Puis, une voix féminine prend le dessus : «Bonjour ! Bonjour ! C'est incroyable ce qui se passe ici… Je suis coincée devant l'ascenseur… Deux cents hommes d'affaires assiègent le bureau du patron de l'Utica. Ils sont furieux. Ils veulent sa peau, à cause de sa proximité avec le clan Ben Ali… Attendez, attendez… Ah ! On vient d'apprendre sa démission !»

 

La révolution en direct 

 

Un sourire espiègle traverse le visage de Wassim. Le 14 janvier, il fut l'un des premiers journalistes à ann

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