Et si vous investissiez dans une coopérative ?

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À l'ère du crowdfunding, le site WiSEED propose aux particuliers d'investir dans les Scop et les Scic. Son ambition : devenir un acteur incontournable de la création de sociétés coopératives.

Le site WiSEED propose à ses utilisateurs une nouvelle façon d'investir: le financement de sociétés coopératives. Le service est effectif depuis mi-septembre. Auparavant, l'entreprise proposait déjà aux internautes d'investir dans des startup ainsi que d'acheter des obligations dans l'immobilier.

Concrètement, les investisseurs peuvent participer au financement de ces sociétés à travers l'acquisition de titres, exactement comme ils pourraient le faire en produisant l'album d'un chanteur sur MyMajorCompany. Les investisseurs sont alors regroupés dans une holding avec une personne morale de WiSEED à sa tête, ce qui évite une trop forte dilution.

Amener «la foule» vers l'économie réelle

Pour le directeur général délégué du site, le financement des Scop et Scic s'inscrit dans une logique de «différenciation du risque» pour les investisseurs. «Nous avons commencé avec les startups, puis l'immobilier en 2011 où le rendement est long mais plus sûr et maintenant les Scop, explique Michel Kaluszynski. Les investisseurs peuvent donc choisir leur épargne. Investir dans une Scop, c'est vouloir un rendement plus régulier mais beaucoup plus long.»

Une offre qui répond à une demande du public. «Un sondage lancé l'an dernier à notre communauté nous a montré que beaucoup étaient intéressés par ce type d'investissements car ils n'aiment pas investir dans des produits trop risqués, avance Michel Kaluszynski. On entend donc amener des nouvelles personnes et surtout ‘‘réveiller'' des utilisateurs ‘‘dormants'', ceux qui n'osent pas encore franchir le cap.» Le site comptabilise aujourd'hui près de 3500 investisseurs actifs parmi quelque 52.000 membres.

Le site offre aux investisseurs trois types de rendement: une rémunération calculée annuellement, entre 2 et 6%, et versée in fine; une rémunération complémentaire selon la performance de l'entreprise ainsi qu'une valorisation de sortie déterminée par le contrat d'émission des titres. L'investissement moyen est de 3000 euros. Deux profils d'investisseurs dominent. «Les premiers ont autour de 35 ans sans trop d'argent. Ils investissent en moyenne entre 500 et 1000 euros. Puis il y a ceux de 55 ans, plus avisés, qui peuvent investir entre 5000 et 10.000 euros», observe le responsable de WiSEED.

Devenir incontournable dans le lancement des Scop

Chacun des projets de coopérative proposé sur le site est sélectionné en amont par l'équipe avant d'être validé par le vote des internautes. Une façon de susciter un intérêt auprès du public. Une fiche documentaire accompagne ensuite le projet sur le site, permettant aux éventuels investisseurs particuliers d'en savoir plus et de mesurer les risques et la viabilité du projet, telle qu'elle a été estimée par l'équipe de WiSEED. «On est là pour protéger les investisseurs. On ne peut pas tout garantir mais on donne tous les éléments susceptibles d'éclairer», assure la direction.

Chaque personne peut rentrer au capital de l'entreprise à partir de 100 euros. Le plan de rendement est au moins contractuel. «On veut être la plateforme qui montre la voie de l'investissement diversifié», lance Michel Kaluszynski. Un partenariat a récemment été signé avec le Crédit coopératif et WiSEED collabore également avec la Confédération générale des Scop, qui proposera bientôt à ses internautes de financer une Scop directement sur son site. «Nous créons un environnement avec une nouvelle source d'investisseursqui ne va pas remplacer mais augmenter la possibilité de diffusion des titres, affirme Michel Kaluszynski. Auparavant, les outils financiers étaient confidentiels. Ici, on s'adresse à des gens qui ne savaient pas comment y participer. En clair, on popularise l'accès au financement, mais aussi aux coopératives.»

Le leader français du secteur, Ulule, est en effet une plateforme de dons, qui ne propose pas de contrepartie financière aux internautes. «Ce sont des modèles qui ont vocation à se compléter plus qu'à s'opposer. On a même eu des projets en commun», rappelle Mathieu Maire du Poset, co-dirigeant du site, qui se souvient de Naïo, cette startup toulousaine, spécialisée dans la robotique appliquée aux maraîchers. «Les créateurs avaient fait une collecte chez nous pour financer leur premier robot, ils ont ensuite poursuivi la collecte sur WiSEED pour faire rentrer des fonds dans leur entreprise», explique Mathieu Maire du Poset qui cite encore la Librairie des Volcan ou Nice Matin ,reprises en Scop. «On amène de la visibilité à une communauté là où WiSEED permet d'amener des fonds au capital», note Ulule. Pour autant, la plupart des professionnels s'accordent: le crowdfunding est un financement parmi d'autres, qui n'a cependant pas vocation à être la source majeure d'apport de capitaux pour les coopératives.

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