Et si vos meubles étaient fabriqués avec des gobelets à café recyclés?

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La PME française Canibal, qui installe des collecteurs de gobelets à café ou à eau dans des entreprises et lieux publics, vient de faire breveter son concept Caniplac, un matériau créé à partir de ces déchets recyclés. Elle vise une commercialisation à grande échelle en 2016.

Chez KFC, la chaîne américaine de restauration rapide, les clients pourront bientôt avaler leur café avec la tasse ... Et dès aujourd'hui, votre mobilier de salon ou de bureau, ou le revêtement de votre terrasse, pourrait être fabriqué à partir de gobelets en plastique recyclés. La PME française Canibal, qui installe depuis quelques années des machines à collecter les gobelets à café, canettes ou autres bouteilles à eau dans des entreprises et dans des lieux publics comme les gares, vient de lancer sa dernière invention: Caniplac, un matériau spécialement créé à partir des gobelets en plastique collectés.

«Aujourd'hui, les gobelets en plastique sont compliqués à recycler. Il n'existe pas de consigne de tri pour ce matériau qui, du coup, n'est pas collecté à la source et passe à la trappe du recyclage», souligne Benoît Paget, président de Canibal. «Au mieux, ces déchets sont incinérés, au pire, ils sont enfouis.» L'enjeu est de taille: plus de 4 milliards de gobelets sont consommés chaque année en France, soit près de 30.000 tonnes, selon la société. «Dans la mesure où nos collecteurs compactent et trient les gobelets en plastique à la source, il nous fallait trouver une solution pour les réutiliser entièrement. Nous avons donc décidé d'inventer notre propre filière.»

La production de Caniplac a démarré au mois de février. Ce nouvel écomatériau - qui vient d'être breveté - pourra servir, par exemple, à fabriquer du mobilier, du revêtement de sol ou une cloison. Le plastique des gobelets est fondu et mélangé avec des matières minérales pour produire des plaques de contreplaqué. Il est composé à 70% de gobelets mélangés, 25% de charges minérales et 5% d'autres matières pour le rendu esthétique (coloration, etc...). Selon Canibal, une tonne de gobelets recyclés permet de produire environ 300 mètres carrés de plaques Caniplac. Benoît Paget estime qu'une commercialisation à grande échelle sera possible dès 2016. «Pourquoi pas envisager, par exemple, de voir des dalles en Caniplac proposées dans les rayons des magasins Leroy-Merlin ou Bricorama.»

5 millions de gobelets recyclés en 2014

Canibal, qui a investi 2,5 millions d'euros pour développer sa solution depuis 2009, a déployé plus de 100 machines à collecter les gobelets à ce jour, principalement dans des locaux d'entreprises. La PME compte ainsi parmi ses clients L'Oréal, Primagaz, Vinci, Saint-Gobain, le groupe BPCE ou encore Pepsi. Ses collecteurs sont également installés dans deux gares parisiennes, à Saint-Lazare et Montparnasse. «En 2014, nous avons recyclé 40 tonnes de déchets, dont la moitié de gobelets. Ces 20 tonnes représentent 5 millions de gobelets», précise Benoît Paget. Pour accélérer son déploiement, notamment dans les lieux publics, Canibal doit finaliser une levée de fonds de 2 millions d'euros en juin.

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