Et si l'Écosse devenait indépendante ?

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L'indépendance de l'Ecosse serait un casse-tête économique pour le Royaume-Uni et aurait des conséquences politiques dans toute l'Europe.
L'indépendance de l'Ecosse serait un casse-tête économique pour le Royaume-Uni et aurait des conséquences politiques dans toute l'Europe.

Jeudi 18 septembre, les Ecossais se prononceront sur l'indépendance de leur territoire, intégré depuis trois siècles au Royaume-Uni. Revue des conséquences économiques, financières et politiques en cas de victoire du « oui » à l'indépendance.

Le Sunday Times l'a donné vainqueur à 51% la semaine dernière : le « oui » à l'indépendance écossaise pourrait devenir une réalité dans les urnes jeudi prochain. Cette décision serait lourde de conséquences, et ses impacts économiques restent encore incertains. Les marchés scrutent les derniers sondages avec attention (redevenus favorables au « non » à 53%) et pourraient être secoués par une victoire des indépendantistes.

Inquiétudes boursières

L'inquiétude s'était déjà emparée des marchés lundi 8 septembre avec l'annonce d'un « oui » en tête dans les sondages. La livre sterling avait connu un déclin notable en séance face aux autres devises, de même que plusieurs entreprises écossaises comme la Royal Bank of Scotland (RBS) avaient connu une chute éphémère de leur cours de bourse sur le marché londonien. Une victoire du « oui » jeudi prochain réveillerait donc de nouveau les inquiétudes des investisseurs face à l'incertitude de l'avenir à court terme d'un des principaux pays de l'Union Européenne.

Casse-tête économique

Le règlement de nombreuses questions économiques serait en effet un casse-tête : il en va de la répartition des biens nationaux (militaires notamment), de la répartition de la dette du Royaume-Uni selon des modalités qui n'ont pas encore été évoquées, ou encore de la création d'institutions capables de gouverner un pays entièrement indépendant.

Une profonde incertitude concerne la monnaie qu'adopterait l'Ecosse indépendante. Le pays pourrait conserver la livre sterling, tout en modifiant éventuellement la face de ses pièces et de ses billets. Certains imaginent quant à eux une Ecosse adhérer à l'euro, processus long à mettre en œuvre et qui susciterait certainement d'importants débats suite aux critiques émises contre la monnaie unique suite aux récentes crises des dettes souveraines européennes.

Surtout, l'indépendance isolerait économiquement l'Ecosse. De nombreux produits devraient désormais être importés d'Angleterre avec, à la clé, un déficit commercial difficile à gérer.

L'enjeu du pétrole

L'un des principaux enjeux économiques est également lié au pétrole. L'Ecosse emporterait en effet, avec son indépendance, la quasi-totalité de la rente pétrolière du Royaume-Uni. Bien gérée et redistribuée, cette rente pourrait permettre à l'Ecosse de tenir un cap économique solide pendant plusieurs années.

Il s'agirait toutefois de l'une des seules forces économiques d'une Ecosse indépendante, qui sans cela connaitrait un déficit public annuel estimé à 11% de son PIB, un chiffre proche de celui de la Grèce lors des révélations ayant déclenché la crise du pays en 2009-2010. Inversement, cette rente serait retirée des mains du Royaume-Uni qui aurait beaucoup à y perdre.

Une chance inattendue pour la Russie

L'indépendance de l'Ecosse aurait d'évidentes conséquences politiques au sein de l'Europe, mais également vis-à-vis du rapport de force européen avec la Russie. De manière indirecte, l'indépendance de l'Ecosse profiterait en effet à Moscou, qui semble décidée à redessiner les frontières des régions européennes limitrophes de la Russie. Les régions d'Ukraine dominées par les pro-russes pourraient faire valoir plus facilement leur droit à se séparer politiquement de leur Etat actuel de manière à être intégrées à la Russie. Quant au référendum sur l'indépendance de la Crimée, il deviendrait beaucoup plus difficilement contestable de la part de certains dirigeants européens.

Ce vote, quel qu'en soit le résultat jeudi, pourrait dans tous les cas redonner en Europe un nouvel élan aux indépendantismes et séparatismes que le continent connait depuis longtemps. On pense notamment aux Catalans en Espagne, aux Irlandais de l'Ulster, ou encore à la Belgique dont la scission était un sujet de conversation il y a quelques années. En Europe de l'Est, les mêmes questions pourraient être levées en Bosnie, en Serbie ou en Moldavie. Ainsi, quelle que soit la voix des Ecossais dans les urnes, la simple tenue de ce référendum pourrait marquer un tournant politique dans l'ensemble de l'Europe.

Xavier Bargue

L'Ecosse fait partie du Royaume-Uni depuis 1707. Bientôt la fin de trois siècles d'union ?
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  • mark92 le jeudi 18 sept 2014 à 02:33

    on a un commissaire en solde. L'ancien ministre de l'économie et des finances en France de 2012 à 2014. Maintenant, commissaire éuropéens.. Le futur commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a déclaré samedi que le déficit de la France, revu à 4,4% fin 2014, était "un problème sérieux" qu'il aurait à examiner en tant que gendarme du pacte de stabilité. a 20 000€/mois on le solde pour ruiner vore économie.

  • jean.coq le mercredi 17 sept 2014 à 18:56

    Si le OUI gagne, cela va mettre un sacré mairdier en Europe: Catalogne, Euskasi, Sued Tirol/Alto Adige ...

  • jferran8 le mardi 16 sept 2014 à 19:43

    franchement mon avis reste a l'écart de l'Europe VOTER l'indépendance. vous avez tous les sources et profits pour être autonome ne faite pas la même erreur que nous les français on a dis non 2 fois

  • gletemps le mardi 16 sept 2014 à 15:01

    la france aussi devrait être indépendante , il y en a marre de subir les us

  • frk987 le mardi 16 sept 2014 à 09:40

    La vengeance posthume de Mary Stuart contre Elisabeth première , tout ça sous le règne d'Elisabeth II, plein d'humour.... ces britishs. Hormis cette plaisanterie historique, c'est un non sens complet.

  • gendrefr le mardi 16 sept 2014 à 09:32

    au nom de Willian Wallace : l'écosse doit etre independante.

  • exmarot9 le mardi 16 sept 2014 à 09:02

    il n ' y a pas d'annexion quand un peuple a choisi par référendum son autonomie et demandé son rattachement librement à un autre pays. ç le droit à l'autodétermination , sûr que les pro- us qui ne prônent que l'asservissement des autres peuples ne peuvent pas comprendre

  • CHAKHO le lundi 15 sept 2014 à 22:59

    L’appauvrissement entraîne la désintégration (c’est physique)

  • nbanba le lundi 15 sept 2014 à 18:55

    Les pro russes sont pour l’indépendance des régions en Europe et l'annexion en russie.

  • exmarot9 le lundi 15 sept 2014 à 18:37

    on ne peut obliger éternellement un peuple à vivre sous la domination ou la tutelle d'un autre peuple. Tôt ou tard cela crée des tensions et débouchera sur la guerre.