Et Bobby inventa Charlton

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Et Bobby inventa Charlton
Et Bobby inventa Charlton

Il est sans conteste le plus grand. Pendant vingt-deux ans, Bobby Charlton a donné de l'amour au football après avoir failli quitter le monde prématurément lors d'une après-midi enneigée à Munich. Champion du monde 66, Ballon d'or la même année et vainqueur de la C1 deux ans plus tard, l'homme qui a popularisé la raie sur le côté est devenu un héros à Manchester. Pour y rester à vie, avec son style unique.

Top 100 Angleterre Charlton (1er)
"La souffrance est toujours là. Bien au fond. Vous ne vous en débarrassez jamais. Elle fait partie de vous. Vous êtes seul et d'un coup, sans prévenir, elle revient. Alors, vous pleurez." Sur la poitrine, des marques. Le long des côtes, des cicatrices. La démarche est lente. Le tableau est pénible. L'homme peine à marcher, mais il refuse de s'aider d'une canne. Alors, pour rejoindre son bureau, il s'appuie difficilement sur les murs délimitant les couloirs. Matt Busby veut se remettre au travail. Hier, il ne voulait pas rouvrir ses cahiers, mais sa femme, Jean, l'a convaincu par ces mots : "Ce ne serait pas juste pour ceux qui ont perdu quelqu'un qu'ils aimaient. Je suis sûre que ceux qui sont partis auraient voulu que tu continues." Busby est resté à l'hôpital pendant dix semaines. Il a prié pour mettre fin à ses jours, car, par moments, il aurait préféré ne jamais rouvrir les yeux ce 6 février 1958. La douleur est trop intense, les images aussi. Et les noms, encore les noms, ceux que l'on est venu lui énumérer sur son lit à l'établissement Rechts der Isar de Munich le lendemain matin : Walter Crickmer, Bert Whalley, Tom Curry, Roger Byrne, Tommy Taylor, David Pegg, Eddie Colman, Mark Jones, Geoff Bent, Duncan Edwards, Frank Swift, H. D. Davies, Tom Jackson, Henry Rose… 21 noms au total. Le secrétaire de Manchester United, deux adjoints de Busby, des joueurs, des journalistes. Et, dans le silence d'Old Trafford, Matt Busby a craché à travers les haut-parleurs surplombant la foule de supporters réunis depuis plusieurs jours autour du Théâtre des Rêves. Celui où Manchester United était en train de bâtir l'une des équipes les plus redoutables d'Europe. "Ladies and gentlemen, je vous parle depuis l'hôpital de Munich." L'entraîneur de Manchester United n'est pas mort. C'est un miraculé.

Pourquoi moi ?


Le 6 février 1958 était un lendemain de fête. Manchester United venait d'assurer sa qualification pour la demi-finale de la Coupe d'Europe des clubs champions, sa deuxième consécutive, après un nul à Belgrade contre l'Étoile rouge (3-3). Avec Busby, les Red Devils avaient déjà remporté…



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