Et au milieu courent des Renards

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Et au milieu courent des Renards
Et au milieu courent des Renards

Sur la table, une bouteille vidée. Au sol, des posters déchirés et un cendrier renversé. Dans l'air, l'odeur de lendemain du plus gros casse du siècle. Cette fois, ce n'est plus un rêve : Leicester est devenu champion d'Angleterre au terme du marathon le plus impressionnant de l'histoire du foot moderne. Rusé.

C'est l'histoire d'un rêve. D'un trip qui ne s'est jamais arrêté, d'un bordel immense et d'une fête qui ne fait que commencer. Au départ, ils n'avaient rien, juste une barre à atteindre : quarante points. C'était l'objectif initial : vivre. C'était, aussi, le premier message livré par Vichai Srivaddhanaprabha dans les yeux de Claudio Ranieri en juillet dernier : "Claudio, c'est une année très importante pour le club. C'est très important pour nous de rester en Premier League. On doit rester en vie." Leicester sortait alors d'une gueule de bois terrible, d'un scandale sexuel en Thaïlande impliquant le fils de l'entraîneur alors en poste, Nigel Pearson, et quelques semaines plus tard, Jamie Vardy insulterait des touristes japonais dans le casino de la ville. Ces gars-là ne vivent que pour l'excès. Pour eux, rien ne doit être normal car, comme l'expliquait Riyad Mahrez dans les colonnes de L'Équipe Magazine le week-end dernier, ces hommes "n'étaient pas programmés pour devenir pros". La saison dernière, les Foxes ont passé 140 jours à transpirer pour surtout ne pas crever. Aujourd'hui, ils essayent simplement de ne pas s'arrêter de rêver. Paulo Coelho avait raison : "C'est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante."

L'Art de la guerre


Il faut observer, longtemps, pour prendre la mesure de l'histoire. Il aura donc fallu trente ans à Claudio Ranieri pour toucher une couronne au moment où il s'y attendait le moins. Car en arrivant à Leicester, l'entraîneur italien, qui sortait alors d'un échec terrible avec la Grèce, a décidé de fuir la lumière pour s'offrir un dernier projet à 63 ans. Le premier jour, il a demandé à N'Golo Kanté, rescapé d'une guerre de cour d'école entre l'OM et Xavier Gravelaine, d'arrêter de courir partout à coups de "slow down, slow down". Le deuxième jour, il a installé son historique dilly-ding, dilly-dong. Le troisième, il a compris les destins qu'il venait de récupérer et, juste avant le premier match de pré-saison, Ranieri a lâché ces mots : "Je veux vous voir jouer pour vos coéquipiers. On est une petite équipe, donc on doit tous se battre avec notre cœur et notre âme. Je n'ai rien à faire du nom de l'adversaire. Tout ce que je veux vous demande…


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