Est-il réellement temps de miser sur les valeurs françaises?

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EST-IL RÉELLEMENT TEMPS DE MISER SUR LES VALEURS FRANÇAISES?
EST-IL RÉELLEMENT TEMPS DE MISER SUR LES VALEURS FRANÇAISES?

par Andrew Callus et Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Plusieurs stratégistes et analystes de grandes banques d'investissement estiment qu'il est désormais temps d'investir dans les entreprises françaises malgré la stagnation économique du pays, un taux de chômage record, le niveau de marges le plus faible d'Europe et un coût du travail élevé.

L'équipe en charge de l'allocation mondiale d'actifs chez Société générale et dirigée par Alain Bokobza continuaient ainsi de parier début mai sur le succès du tournant économique de François Hollande et estimaient que l'indice CAC 40 pourrait atteindre 7.000 points d'ici à la fin 2016.

L'indice phare de la place de Paris n'a jamais atteint ce niveau même au plus fort de la bulle internet avec un record bloqué à 6.944,77 points datant de septembre 2000 et un tel objectif représente un potentiel de hausse de 55% par rapport à la clôture de mardi soir.

Depuis le début de l'année, le CAC 40 affiche un gain de 5% quand son équivalent à Londres l'indice FTSE 100 prend 1,3% et le Dax allemand 4%.

D'autres brokers ont rejoint l'optimisme de SocGen sur les valeurs françaises, comme Deutsche Bank, qui reconnaît toutefois un point de vue "controversé", ou UBS, qui a salué en avril le remaniement du gouvernement français.

PRUDENCE

"Nous pensons que la France bénéficierait davantage que l'Allemagne de nouvelles mesures d'assouplissement de la Banque centrale européenne (BCE)", estimait de son côté Crédit suisse le mois dernier en relevant sa recommandation sur la France de "sous-pondérer" à "surpondérer".

Outre l'annonce d'une nouvelle action de la BCE, espérée à l'issue de la réunion de l'institution jeudi, les analystes favorables aux actifs français misent sur une baisse des impôts qui permettrait de stimuler la compétitivité des entreprises, une réduction du déficit budgétaire et une baisse du coût du travail.

Pour autant, si cette stratégie semble partagée à long terme, les fondamentaux économiques du pays incitent de nombreux investisseurs à la prudence à plus court terme.

De fait, au premier trimestre 2014, l'économie française a enregistré une croissance nulle et le chiffre d'affaires cumulé des entreprises du CAC 40 a reculé de 2% - près de 60% des entreprises composant l'indice publiant même des ventes inférieures aux attentes du marché.

Le service d'information statistique européen Eurostat a placé la France comme le pays le moins attractif de la zone euro en 2012 avec une marge juste en dessous de 30% pour les entreprises non-financières.

Selon le baromètre publié la semaine dernière par le cabinet d'audit et de conseil Ernst & Young, la France est restée derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne comme terre d'accueil en Europe des projets d'investissements internationaux.

RÉFORMES BUDGÉTAIRES

"Le principal problème que nous voyons pour la France est de toute évidence celui de la croissance qui va maintenir la pression sur le marché actions", estime Naeem Aslam, chef analyste chez Ava Trade.

En outre, après le résultat des élections européennes, qui a vu le Front national arrivé très largement en tête en France, des analystes s'interrogent sur la capacité du pays à mener des réformes budgétaires.

"Le résultat des élections européennes est négatif du point de vue du crédit de la France et de la Grèce parce que dans ces pays, les partis eurosceptiques accentuent le risque de voir leur gouvernement songer à lever le pied sur la consolidation budgétaire", considérait lundi Moody's.

Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, prévient qu'une persistance des divergences sur la façon de catalyser la reprise économique en zone euro favoriserait le retour de tensions sur les marchés financiers.

Enfin, certains analystes relèvent la différence de calcul des indices boursiers, le Dax incluant les dividendes à la différence du CAC 40.

En incluant les dividendes, le CAC 40 dépasse les 10.000 points et est tout proche de ses plus hauts historiques, diminuant ainsi l'attractivité de l'indice par rapport au Dax.

"Nous invitons à faire attention aux achats sur les cours actuels qui flirtent avec des seuils historiques dont on sait qu'ils avaient entraîné un reflux de 50% de l'indice à deux reprises ces 20 dernières années", commente Nicolas Chéron, analyste chez FXCM.

(Avec Blaise Robinson et Leigh Thomas, édité par Matthieu Protard)

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  • ppsoft le mercredi 4 juin 2014 à 13:11

    Miser ? Comme des joueurs de casino ? Le terme est bien choisi pour caractériser la bourse.

  • pierry5 le mercredi 4 juin 2014 à 11:46

    Aucun de ces génies n'avait prévu le crash de 2008.

  • paullan4 le mercredi 4 juin 2014 à 10:55

    @franginEuronext ne publie pas seulement le CAC40 "nu", mais aussi:Le CAC40GR (gross return)PX1GR qui tient compte du reinvestissement des dividendes bruts, c'est-a-dire sans tenir compte des impots et prelevements. Il est actuellement a 10275Le CAC40NR (net return) PX1NR qui lui tient compte de la fiscalité et est actuellement à 8330Depuis le 1er janvier, le CAC40GR avait augmnete hier en clôture de 7,39% contre 4,84% seulement pour le CAC40 "nu".

  • mlemonn4 le mercredi 4 juin 2014 à 10:52

    Regardez, ce marché est maintenu à bout de bras par quelques petites mains besogneuses organisées mais il n'y a rien dedans, il est creux et ennuyeux; au moindre vendeur il n'y a aucun soutien; ils veulent faire croire que c'est la reprise et que la confiance est revenue! cela ne se décrète pas; avant que cela ne revienne il en faudra dorénavant beaucoup plus pour attraper les mouches!

  • M5754890 le mercredi 4 juin 2014 à 10:28

    sortir,et revenir plus bas?

  • frangin9 le mercredi 4 juin 2014 à 10:24

    Tout et son contraire, comme ça on ne risque pas de se mettre en défaut. mais surtout ces analystes sont des ânes, ils n'ont même pas appris à compter. pas étonnant vu le niveau de formation de ceux que j'ai côtoyés. Dire que le CAC 40 avec intégration des dividendes (en moyenne 2à 3% par an) est à 10 000 points, au plus haut historique, est une ineptie que n'importe quel élève de seconde S saurait démontrer.

  • mlemonn4 le mercredi 4 juin 2014 à 10:24

    Je pense au contraire qu'il est grand temps de s'en aller en courant ! Car tout cela n'est que du vent, où sont les volumes? Les investisseurs étrangers (anglo-saxons) qui détiennent en majorité la bourse française, souhaiteraient bien commencer à vendre leurs positions, malheureuseusement il n'y a pas toujours pas d'investisseurs institutionnels et privés français souhaitant s'investir à ces niveaux de marché compte tenu du contexte politique, économique et social; à bon entendeur salut!