Essilor: nouveau raté pour le géant de l'optique ophtalmique

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(CercleFinance.com) - Pour la deuxième fois d'affilée, la publication trimestrielle du numéro un mondial de l'optique ophtalmique, Essilor International, a déçu les investisseurs. Son premier marché, l'Amérique du Nord, ralentit toujours. De quoi jeter le doute sur les objectifs fixés par la direction.

Rappel des épisodes précédents. Après avoir enregistré une croissance organique (“en base homogène”, selon le jargon propre au groupe de Charenton-le-Pont) de ses ventes de 4,6% en 2015, la direction visait pour 2016 une accélération à un taux voisin de 5%.

Le premier trimestre (T1) 2016 a donné satisfaction, avec un taux ressortant à 5% exactement. Mais les choses ont ensuite mal tourné avec un ralentissement à 3,2% dès le T2. Accusant une “météo très défavorable au deuxième trimestre”, selon le PDG Hubert Sagnières, sans oublier “un redressement plus lent que prévu des ventes de (la marque chinoise) Xiamen Yarui Optical”, le groupe a donc lancé, le 29 juillet, un “sales warning” : d'autour de 5% sur l'année, la prévision de croissance a été ramenée à environ 4,5%. Mais la projection 2018 d'atteindre un taux “supérieur à 6%” a alors été confirmée.

Quid du 3e trimestre ? La tendance ne s'est pas améliorée, et la progression du CA à données comparables est également ressortie à 3,2%, d'où 3,8% sur neuf mois. Ce qui suppose, pour que l'objectif annuel soit atteint, un net rebond au 4e trimestre dont le marché doute.

L'inquiétude se concentre sur la principale région pour Essilor, l'Amérique du Nord, qui à elle seule concentre près de 39% de l'activité. Reprenons la séquence de la croissance “régionale”, toujours en termes organiques : 4,7% au T1, 1,5% au T2, puis 1,3% au T3. Bref, la décélération continue.

De plus, si Essilor a confirmé l'objectif de croissance 2016 abaissé cet été, il l'a assorti d'une mention qui ressemble fort à un “demi-warning” : “le groupe reste mobilisé pour obtenir des résultats aussi proches que possible de ses objectifs annuels”, indique-t-il. Enfin, les objectifs 2018 confirmés en juillet ne sont pas mentionnés dans ce communiqué.

La situation n'est pas dramatique pour le premier acteur mondial de l'optique ophtalmique, mais les difficultés en Amérique du Nord, qui semblaient conjoncturelles cet été, pourraient bien s'avérer plus durables que prévu. Ce qui jette de facto un doute sur les projections à moyen terme et ne pardonne pas pour une valeur richement valorisée comme Essilor : avec son PER 2016 de 27,3 fois, le titre essilor est le plus “cher” du CAC 40 après Vivendi (36,1 fois).

EG


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