Essais nucléaires en Polynésie : un héritage explosif

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Essais nucléaires en Polynésie : un héritage explosif
Essais nucléaires en Polynésie : un héritage explosif

Tahiti, Tuamotu... Loin de la carte postale, le déplacement de François Hollande en Polynésie, qu'il entame ce week-end, risque d'être mouvementé. La faute au nucléaire, qui pollue toujours les relations entre la métropole et son ex-colonie des antipodes. Vingt ans après le dernier des 193 essais en Polynésie, échelonnés entre 1966 et 1996, « le malaise perdure plus que jamais », souffle Patrice Bouveret, de l'ONG l'Observatoire des armements.

C'est qu'en 2012, le candidat Hollande n'avait pas été avare de promesses. Sans aller jusqu'au « pardon » attendu par les Polynésiens, il évoquait pêle-mêle indemnisations, réhabilitations et transparence. Quatre ans plus tard, le compte n'y est pas. Sauf, en partie, pour la dernière de ces trois catégories. Cinquante-huit documents confidentiels ont ainsi été déclassifiés en 2013, venus confirmer que la « propreté » des essais n'était qu'une mystification.

540 cas de nouveaux cancers chaque année pour les 260 000 habitants

Ainsi, « 368 retombées radioactives en ont découlé », a calculé Bruno Barrillot, ancien délégué aux conséquences des essais pour le gouvernement de Polynésie. « Tous les jours, on en découvre », soupire Roland Oldham, l'animateur de l'association Moruroa E Tatou. Il y a deux mois, la présence de plutonium a ainsi été révélée dans les sols de Hao où se trouve le plus gros collège du secteur et où un projet de ferme piscicole était prévu. L'atoll de Mururoa, éventré par des dizaines de tirs, est quant à lui tout bonnement menacé d'engloutissement.

Les conséquences sur la population se sont révélées ravageuses. « On enregistre 540 cas de nouveaux cancers chaque année pour les 260 000 Polynésiens, note Bruno Barrillot, avec des pathologies très atypiques. » L'intéressé demande donc « une étude épidémiologique exhaustive et indépendante ». « Jusqu'en 1986, c'est le service médical des armées qui ...

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