Essais de Barcelone : Le bilan écurie par écurie

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Alors que la saison 2016 de F1 a été officiellement lancée cette semaine par les premiers essais de pré-saison à Barcelone, retour sur quatre journées de tests et les premières tendances au sein des onze écuries du paddock, où l'endurance a pris le pas sur la performance.

Mercedes, une fiabilité déjà à toute épreuve

Le premier, et principal enseignement de ce premier bloc d’essais de la saison 2016, c’est que Mercedes ne s’est pas relâchée cet hiver. La marque à l’étoile, surfant sur la vague des W05 et W06, a lancé en piste une W07 déjà extrêmement fiable avec 675 tours au total et un potentiel de développement certain. Comme Lewis Hamilton l’a dit, Mercedes a testé des pièces « non conventionnelles » au fil des jours, comme un nouveau nez utilisant un S-Duct pour transférer de l’air du dessous vers le dessus de la monoplace, un aileron avant au design différent, tout comme des déflecteurs « de requin » devant les pontons. Ce premier bloc d’essais assure déjà que Mercedes sera l’écurie à abattre encore une fois en 2016

Ferrari, de la vitesse mais encore des soucis de jeunesse

S’il y a bien une écurie qui a revu sa copie entre 2015 et 2016, c’est sans contestation Ferrari. La Scuderia a lancé en fanfare sa SF16-H et signé le meilleur temps des quatre journées avec Sebastian Vettel... mais en pneus ultra-tendres, ce qui pondère la valeur de la performance des Rouges. Mais cette nouvelle monoplace issue de Maranello n’a pas été exempte de soucis de fiabilité, comme un problème d’alimentation en essence pour Kimi Räikkönen mercredi matin, qui l’ont empêché de rouler toute la matinée. Au total, les pilotes Ferrari ont cumulé 352 tours sur ces quatre jours et ont confirmé que la SF16-H a du potentiel, sera sans doute plus performante que sa devancière mais rien n’indique que ça suffira sur la longueur pour concurrencer Mercedes.

Williams, peu de bruit mais beaucoup de travail

S’il y a bien une écurie qui ne s’est pas fait remarquer lors de ces essais de Barcelone, c’est bien Williams. S’il semble évident que les pilotes de l’écurie de Grove n’ont pas cherché la performance sur un tour mais ont déjà travaillé l’endurance avec 377 tours bouclés en quatre jours. Felipe Massa et Valtteri Bottas ont travaillé sur les réglages de leur nouvelle FW38. Nul doute que le deuxième bloc d’essais programmé début mars, avant le départ pour Melbourne, sera l’occasion de rehausser le curseur vers la performance.

Red Bull, des promesses à confirmer

Malgré un moteur Renault, enfin TAG Heuer pour des raisons de sponsoring, moins performant que la concurrence, Red Bull Racing a retrouvé, pour un temps, le haut de la hiérarchie. Certes, l’utilisation des pneus ultra-tendres de Pirelli a donné un coup de fouet aux monoplaces de l’écurie autrichienne mais tant Daniel Ricciardo que Daniil Kvyat se sont montrés positifs après leurs premiers tours de roue au volant de la RB12. Il est évident que l’écurie de Milton Keynes ne sera pas en position de venir rivaliser avec Ferrari et Mercedes à Melbourne mais, si Renault retrouve de la performance, certains circuits risquent de convenir à la monoplace à la livrée mate.

Force India, du trompe-l’oeil ?

Ce n’est pas évident de tirer le bilan de l’écurie Force India. Si Nico Hulkenberg a signé le deuxième meilleur temps absolu des quatre jours avec des pneus super-tendres, l’écurie basée à Silverstone n’a pas connu de difficultés techniques avec un moteur Mercedes 2016 fiable et performant et un châssis VJM09 qui semble capitaliser sur les qualités de celui qui l’a devancé. Reste qu’aligner pendant deux jours un rookie, le jeune Mexicain Alfonso Celis Jr. n’a pas forcément aidé dans l’accumulation de données et de ressenti en vue d’améliorer l’ensemble en vue de Melbourne. Une bonne impression que l’écurie indienne devra confirmer lors du deuxième bloc d’essais mais, surtout, en Australie.

Renault, des difficultés attendues

Avec un châssis, initialement prévu pour un moteur Mercedes, revu pour s’accommoder du moteur Renault, la R.S.16 a connu des problèmes de jeunesse plus qu’attendu au sein de la « nouvelle » écurie de la marque au losange. Dans la moyenne au niveau du nombre de tours parcourus par Kevin Magnussen et Jolyon Palmer, Renault a souvent manqué de performance pure, chose que l’écurie tricolore n’a pas forcément cherché durant ces quatre jours, se concentrant sur les longs relais à la recherche de la fiabilité. Si aucun signe d’inquiétude ne transparait au sein de l’exécutif de l’écurie, le début de saison pourrait être difficile pour les monoplaces noires.

Toro Rosso, un gain de performances mais des incertitudes

Le passage du moteur Renault au moteur Ferrari 2015 a fait beaucoup de bien à Toro Rosso, qui a gagné en performance mais l’écurie de Faenza n’a pas encore tout dévoilé de ses plans pour 2016. Avec une monoplace mixant des éléments de la STR11 et certains venant de sa devancière, la petite sœur de Red Bull a beaucoup travaillé sur le plan technique, ne mettant jamais des pneus tendres pour « taper un chrono ». Avec la présentation, dans les formes, de sa nouvelle monoplace pour le deuxième bloc d’essais, Toro Rosso va sans doute en montrer plus début mars et dévoiler une grande partie de son potentiel.

Sauber, une présence pour pas grand chose ?

Sauber est la seule écurie qui, par manque de temps de préparation, est venue avec sa monoplace 2015 pour ces premiers essais. Si l’utilisation de pneus tendres lui a permis de prendre place dans la première moitié du classement, l’écurie suisse en saura plus sur ses possibilités avec la C35 en piste lors du deuxième bloc d’essais.

McLaren-Honda, vers une nouvelle saison galère ?

Après une saison 2015 tout simplement catastrophique, les premiers tours de roue de la MP4-31 équipée de la dernière mouture du nouveau moteur Honda ne sont clairement pas de bon augure pour 2016. Manque criant de performance, avec plus de 14km/h de moins que les Mercedes en ligne droite. En fond de classement, l’écurie de Woking et son partenaire japonais ont du pain sur la planche pour corriger le tir et retrouver un niveau de performances acceptable. Mais il y a aussi le problème de la fiabilité, Fernando Alonso étant incapable de boucler le moindre tour ce jeudi et McLaren ayant fait à peine mieux que Manor.

Manor, ou comment essuyer les plâtres

L’écurie Manor est repartie d’une feuille blanche : nouvelle monoplace, nouveau moteur, nouveau staff et nouveaux pilotes. Et cela s’est ressenti sur les performances globales de la MRT05 à moteur Mercedes. Si Pascal Wehrlein a fait un très bon travail sur les deux premiers jours, Rio Haryanto a montré à quel point il était difficile de faire ses premiers pas en F1. Le jeune pilote indonésien a trusté la dernière place, bien loin des autres et a commis plusieurs erreurs de jeunesse dans son pilotage. Mais, une chose, est sure, l’écurie britannique a fait un pas en avant avec son nouvel attelage et il ne faudra pas compter sur Pascal Wehrlein pour truster la dernière ligne de la grille de départ en début de saison.

Haas, une très bonne surprise à confirmer

Attraction de ces premiers essais, l’écurie américaine Haas n’a pas manqué ses débuts dans le grand cirque de la F1. Avec deux pilotes d’expérience, Romain Grosjean et Esteban Gutierrez et une monoplace visiblement bien née mais pas exempte de défauts de jeunesse, la preuve en est le temps réalisé par Romain Grosjean mercredi, malgré une première journée difficile avec le bris d’un aileron avant. La VF-16 semble armée pour viser les points dans les premières courses de la saison, voire même dès Melbourne, ce qui n’était pas acquis avant le lancement de l’écurie.

F1 / ESSAIS DE BARCELONE
Classement cumulé des quatre journées
1- Sebastian Vettel (ALL/Ferrari) 1’22’’810 (J2 - pneus ultra-tendres)
2- Nico Hulkenberg (ALL/Force India-Mercedes) 1’23’’110 (J3 - pneus super-tendres)
3- Kimi Räikkönen (FIN/Ferrari) 1’23’’477 (J4 - pneus ultra-tendres)
4- Daniel Ricciardo (Red Bull Racing-TAG Heuer) 1’23’’525 (J2 - pneus ultra-tendres)
5- Sergio Pérez (MEX/Force India-Mercedes) 1’23’’650 (J2 - pneus super-tendres)
6- Daniil Kvyat (RUS/Red Bull Racing-TAG Heuer) 1’24’’293 (J4 - pneus ultra-tendres)
7- Alfonso Celis Jr (MEX/Force India-Mercedes) 1’24’’840 (J4 - pneus super-tendres)
8- Nico Rosberg (ALL/Mercedes) 1’24’’867 (J3 - pneus mediums)
9- Marcus Ericsson (SUE/Sauber-Ferrari) 1’25’’237 (J2 - pneus tendres)
10- Kevin Magnussen (DAN/Renault) 1’25’’263 (J4 - pneus tendres)
11- Max Verstappen (PBS/Toro Rosso-Ferrari) 1’25’’393 (J4 - pneus mediums)
12- Lewis Hamilton (GBR/Mercedes) 1’25’’409 (J1 - pneus mediums)
13- Esteban Gutierrez (MEX/Haas-Ferrari) 1’25’’524 (J2 - pneus tendres)
14- Valterri Bottas (FIN/Williams-Mercedes) 1’25’’648 (J2 - pneus tendres)
15- Romain Grosjean (FRA/Haas-Ferrari) 1’25’’874 (J3 - pneus tendres)
16- Pascal Wehrlein (ALL/Manor-Mercedes) 1’25’’925 (J2 - pneus tendres)
17- Felipe Nasr (BRE/Sauber-Ferrari) 1’26’’053 (J4 - pneus tendres)
18- Fernando Alonso (ESP/McLaren-Honda) 1’26’’082 (J2 - pneus tendres)
19- Jolyon Palmer (GBR/Renault) 1’26’’189 (J2 - pneus tendres)
20- Carlos Sainz Jr. (ESP/Toro Rosso-Ferrari) 1’26’’239 (J3 - pneus mediums)
21- Felipe Massa (BRE/Williams-Mercedes) 1’26’’483 (J4 - pneus tendres)
22- Jenson Button (GBR/McLaren-Honda) 1’26’’735 (J1 - pneus tendres)
23- Rio Haryanto (INA/Manor-Mercedes) 1’28’’249 (J3 - pneus tendres)

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