Espoir diffus pour la Grèce à la veille de l'Eurogroupe

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NET REBOND DE LA BOURSE D'ATHÈNES ET DES EMPRUNTS GRECS
NET REBOND DE LA BOURSE D'ATHÈNES ET DES EMPRUNTS GRECS

par Emelia Sithole-Matarise

LONDRES (Reuters) - La Bourse et les emprunts d'Etat grecs étaient en net rebond mardi matin à la veille d'une réunion d'urgence des ministres des Finances de la zone euro, les investisseurs semblant privilégier l'espoir d'un début de compromis sur la dette d'Athènes.

La réunion de mercredi soir à Bruxelles donnera lieu à la première confrontation directe entre Yanis Varoufakis, le nouveau ministre grec des Finances, et ses homologues de la zone euro.

Yanis Varoufakis devrait profiter de l'occasion pour réaffirmer sa volonté d'un nouvel accord permettant au gouvernement d'Alexis Tsipras de revenir sur une bonne partie des mesures d'austérité mises en oeuvre depuis 2010 sous la houlette de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

Pour Matthieu Pigasse, le directeur général de la banque Lazard qui conseille la Grèce dans ses négociations avec ses créanciers, interrogé mardi par France Inter, "la troïka a mené la Grèce dans le mur".

Athènes demande un "accord relais" jusqu'en juin afin de négocier une solution globale et durable, une demande déjà rejetée par Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe.

"Nous savons que la période de négociations sera difficile mais au moins, ils ont un début de point de départ", a commenté Orlando Green, responsable de la stratégie de Crédit agricole.

"Tout le monde est dans le défi permanent mais au bout du compte, l'une des parties cédera peut-être plus que l'autre même si les deux revendiquent la victoire."

La Bourse d'Athènes gagnait 2,31% à 11h15, après sa chute de 4,75% la veille et l'indice des valeurs bancaires grecques, qui avait encore perdu près de 10% lundi pour se rapprocher de ses plus bas niveaux historiques, reprenait 5,3%.

"LE VERRE EST À MOITIÉ PLEIN"

L'action de la Banque du Pirée progressait de 6,54%, Eurobank de 9,84% et Banque nationale de Grèce de 3,95%.

Parallèlement, les rendements de la dette souveraine se détendaient après avoir grimpé la veille dans la crainte croissante des investisseurs de voir la confrontation politique se solder par un défaut de la Grèce sur sa dette.

Le rendement de l'échéance juillet 2017 reculait de 168 points à 20,168% et celui de l'échéance avril 2019 de 92 points à 15,647%.

Ils restent l'un et l'autre supérieurs au rendement à dix ans grec, proche de 10,5%, signe qu'une partie des investisseurs redoute encore un défaut au moins partiel d'Athènes.

Certains analystes jugent que la Grèce et ses interlocuteurs doivent aboutir à un compromis pour éviter que les turbulences observées ces derniers jours sur les marchés grecs ne se propagent à d'autres places financières.

"Il semble que le marché considère que le verre est à moitié plein après les informations sur une proposition; c'est peut-être dû au simple fait qu'on évoque une proposition", disent les responsables de la stratégie de Rabobank dans une note.

Athènes n'a pourtant guère adouci son discours même si Alexis Tsipras s'est déclaré confiant dans la possibilité de trouver un terrain d'entente au cours des prochains jours.

Yanis Varoufakis est même allé lundi jusqu'à déclarer que la zone euro pourrait s'effondrer "comme un château de cartes" si son pays en était exclu.

De son côté, le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, a déclaré dans un entretien diffusé mardi par une chaîne de télévision grecque qu'Athènes pourrait chercher de l'aide en dehors de l'Union européenne en cas d'échec des discussions.

"Nous voulons un accord. Mais s'il n'y a pas d'accord -espérons qu'il y en aura un - et si nous voyons que l'Allemagne demeure intransigeante et veut faire exploser l'Europe, alors nous devrons recourir à un plan B", a-t-il expliqué, évoquant les Etats-Unis, la Russie et la Chine comme des pistes possibles.

(avec Angeliki Koutantou à Athènes, Juliette Rouillon et Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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  • gl060670 le mardi 10 fév 2015 à 12:55

    difficile de se prononcer sans connaitre le dossier

  • M2889755 le mardi 10 fév 2015 à 12:39

    quel culot de dire comme le fait Pigasse que la Troïka a mené la Grèce dans le mur ! C'est la Grèce elle-même qui s'est mise dans cette situation en refusant de réformer cadastre, impôts, armée, Eglise, armateurs, etc.

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