Espoir de commande et diversification aux chantiers STX

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LES CHANTIERS STX ENTAMENT LEUR DIVERSIFICATION
LES CHANTIERS STX ENTAMENT LEUR DIVERSIFICATION

par Guillaume Frouin

SAINT-NAZAIRE Loire-Atlantique (Reuters) - Quatre ans après avoir traversé la pire crise de leur histoire, les chantiers de Saint-Nazaire espèrent décrocher vendredi une nouvelle commande de paquebot et veulent se diversifier dans l'éolien en mer pour réduire leur dépendance au naval.

Le groupe Royal Caribbean Cruises, qui assistera vendredi au début de l'assemblage du paquebot géant du type "Oasis" commandé en décembre 2012, pourrait ainsi lever l'option qu'il avait posée pour un deuxième navire en 2018 et qui assurerait cinq années de travail aux chantiers.

STX, qui emploie 2.400 personnes à Saint-Nazaire, doit livrer en 2014 et 2015 deux porte-hélicoptères à la Marine russe, en 2016 le paquebot de Royal Caribbean et un ferry pour Brittany Ferries, puis en 2017 un paquebot pour l'armateur italo-suisse MSC.

A cela pourraient s'ajouter deux navires et deux autres en option pour la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), sous réserve que cette dernière ? confrontée à d'importantes difficultés financières et un problème de gouvernance ? puisse boucler son plan de financement.

"Cinq ans de profondeur de carnet de commandes (...) on n'avait pas connu ça depuis la fin des années 1990", explique-t-on chez STX, une nouvelle de bon augure alors que les créanciers du conglomérat sud-coréen souhaitent vendre en juin sa branche construction navale.

FINIE LA MONO-ACTIVITÉ

Pour autant, les anciens Chantiers de l'Atlantique ne veulent plus miser sur la mono-activité autour des paquebots et se diversifient dans les énergies marines renouvelables.

Ils livreront la semaine prochaine à l'énergéticien danois Dong Energy leur première sous-station électrique, une structure qui permettra d'élever la tension d'un champ d'éoliennes situé au large de Grimsby (Royaume-Uni) pour limiter la déperdition d'énergie dans les câbles sous-marins.

STX espère équiper les deux nouveaux champs d'éoliennes français au large du Tréport (Seine-Maritime) et des îles d'Yeu et de Noirmoutier (Vendée), dont l'appel d'offres a été remporté mercredi par le consortium emmené par GDF Suez.

Les chantiers, qui se sont positionnés sur des dizaines d'appels d'offres, espèrent construire deux sous-stations électriques par an. Vendues entre 30 et 50 millions d'euros pièce, ces structures de la taille d'une petite plate-forme pétrolière pourraient faire travailler 200 personnes en moyenne.

Dorénavant aussi spécialisée dans les fondations d'éoliennes et les navires de pose de ces installations, l'entreprise s'attaque à un marché européen évalué à trois milliards d'euros par an. L'éolien off-shore devrait représenter à terme 25% de l'activité, espère la direction.

"Cette activité ne viendra jamais se substituer aux millions d'heures des paquebots mais représentera plusieurs centaines de milliers d'heures, dans des projets un peu plus petits, et donc un peu plus réguliers", explique Frédéric Grizaud, directeur de la filière Energies marines chez STX France.

(Edité par Jean-Baptiste Vey)

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  • Julie.G le jeudi 8 mai 2014 à 13:37

    L’économie est très certaine pour nous si le bateau militaire devient un sou en moins pour les milliardaires du secteur de la défense quand tout repart plus vite vers les offres de dépense par le désordre de nos voisins.

  • Julie.G le jeudi 8 mai 2014 à 13:34

    Ne construisez plus de navires militaires et on aura plus de sous pour tous...