Espagne-Unidos Podemos en nette progression dans un sondage

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    par Julien Toyer 
    MADRID, 9 juin (Reuters) - La coalition de gauche radicale 
Unidos Podemos, conduite par le parti anti-austérité Podemos, 
fait un bond dans un sondage en vue des élections législatives 
du 26 juin. 
    Ce sondage, réalisé par le Centre d'investigations 
sociologiques, qui dépend du gouvernement, est regardé de près 
car il se fonde sur un échantillon particulièrement large -- 
17.600 personnes -- et passe pour être l'enquête la plus fiable 
en matière de prédiction des résultats électoraux. 
    Cette enquête confirme que l'Espagne est bien entrée dans 
une période de fragmentation et d'incertitude politique, après 
quatre décennies de stabilité fondées sur le bipartisme. 
    Dans la droite ligne des législatives du 20 décembre 
dernier, qui n'ont pas permis la formation d'un gouvernement, 
les conservateurs du Parti populaire arriveraient en tête mais 
seraient loin de la majorité en sièges, ce qui les obligerait, 
pour rester au pouvoir, à conclure un accord de grande coalition 
avec les socialistes et les centristes de Ciudadanos. 
    Unidos Podemos (Ensemble, nous pouvons) est crédité de 25,6% 
des intentions de vote, ce qui lui vaudrait 88 à 92 sièges au 
sein de la chambre basse du parlement, qui en compte 350. Ce 
chiffre est à comparer avec les 71 sièges détenus par les deux 
composantes d'Unidos Podemos (Podemos et le petit parti 
Izquierda Unida, ex-communiste). 
    D'après cette enquête, le PP du président du gouvernement 
Mariano Rajoy arriverait en tête avec 29,2%, soit 118 à 121 
sièges, ce qui marquerait un léger recul par rapport aux 123 
sièges obtenus aux dernières législatives en décembre 2015. Le 
PP serait en outre loin du seuil des 176 députés nécessaires 
pour avoir une majorité absolue. 
     
    LE PSOE EN POSITION DIFFICILE 
    De son côté, les socialistes du Psoe, qui étaient encore 
deuxièmes le 20 décembre, reculeraient à la troisième place, 
sans perdre de voix par rapport aux dernières législatives, à 
21,2% des intentions de vote, soit 78 à 80 sièges (90 remportés 
lors du dernier scrutin). Ciudadanos resterait à la quatrième 
place avec 14,6%, soit 38 ou 39 sièges, contre 40 obtenus en 
décembre. 
    Pour la majeure partie des analystes, un tel résultat le 26 
juin contraindrait les socialistes à faire le choix d'une grande 
coalition avec le PP ou d'accepter d'être le partenaire 
secondaire d'une coalition de gauche avec Podemos; deux 
possibilités que le patron du Psoe, Pedro Sanchez, dit jusqu'à 
présent rejeter. 
    Les socialistes, en position difficile, risqueraient de 
subir le même sort que le Pasok grec, naguère puissant parti de 
centre gauche, qui a été éclipsé par la formation de gauche 
radicale Syriza sur fond de crise financière à Athènes. 
    Si les socialistes rejoignaient une "grande coalition" 
dominée par le PP, ils s'aliéneraient sans doute les électeurs 
de gauche hostiles aux mesures d'austérité déjà mises en oeuvre 
par Mariano Rajoy. S'ils devenaient le partenaire mineur d'une 
coalition avec Unidos Podemos, ils cesseraient d'être la force 
dominante de la gauche et cela pourrait favoriser la poursuite 
de l'ascension du parti de Pablo Iglesias. 
 
 (Julien Toyer; Eric Faye pour le service français) 
 
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