Espagne-Rajoy privé de majorité absolue, percée de Podemos

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    * Le PP (droite) en tête, mais perd la majorité absolue 
    * Les socialistes arrivent deuxième et Podemos troisième 
    * Le bloc des partis de gauche proche de la majorité absolue 
    * Rajoy va essayer de former un gouvernement 
 
    par Angus Berwick et Paul Day 
    MADRID, 21 décembre (Reuters) - Le Parti populaire (PP, 
droite) du président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, 
est arrivé en tête des élections législatives de dimanche mais 
perd sa majorité absolue au profit des partis de gauche qui, 
ensemble, pourraient être à même de gouverner, selon les 
résultats provisoires. 
    Au sein de la gauche, le anti-austérité Podemos fait une 
entrée remarquée au Congrès des députés, la chambre basse des 
Cortes Generales, le parlement espagnol. Il arrive en troisième 
position derrière le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), 
devançant nettement l'autre nouveau venu, le parti centriste 
Ciudadanos. 
    Le PP obtiendrait 122 sièges, le PSOE 91 sièges, Podemos, 
fondé en janvier 2014, 69 et Ciudadanos 40, selon les chiffres 
officiels portant sur 99% des suffrages. La majorité absolue se 
situe à 176 sièges. 
    S'exprimant devant ses partisans, Mariano Rajoy a déclaré 
qu'il allait tenter de former un gouvernement et qu'il faudrait 
poursuivre les réformes économiques. 
    Il n'a pas caché que les jours à venir seraient difficiles 
et que des alliance devraient être forgées. 
    Le résultat des urnes montre que le système politique 
bipartisan, en vigueur depuis la fin de la dictature franquiste 
il y a quarante ans, a vécu, a déclaré le chef de file Podemos, 
le nouveau parti de la gauche anti-austérité. 
    "Aujourd'hui est un jour historique pour l'Espagne (...). 
Nous entamons une nouvelle ère politique dans notre pays", a 
déclaré le secrétaire général de Podemos, Pablo Iglesias, devant 
ses partisans. 
    "L'Espagne ne sera plus jamais la même", a ajouté le jeune 
chef de file 
    L'entrée spectaculaire de Podemos à la chambre basse fait 
basculer l'équilibre des forces vers la gauche. Ensemble, cinq 
partis de gauche, le PSOE, Podemos, les anciens communistes 
d'Izquierda Unida et deux autres formations régionales, 
obtiendraient ensemble 175 sièges sur les 350 du Congrès des 
députés, soit un siège de moins que la majorité absolue, selon 
des résultats partiels publiés dans la soirée.  
    "La situation est extrêmement compliquée. Je ne vois pas 
d'issue évidente", a déclaré Ignacio Jurado, professeur de 
Sciences politiques à l'Université de York. "Le PP sera le 
premier à essayer de former une coalition mais le bloc de gauche 
à plus de chances parce qu'il additionne plus de sièges." 
    "Ces résultats confirment que l'Espagne est entrée dans une 
zone de fragmentation politique", commente Antonio Barroso, 
analyste chez Teneo Intelligence. "La question clé est de savoir 
s'il y aura une coalition de partis contre Rajoy." 
    Un gouvernement minoritaire PP est techniquement possible 
mais improbable en raison de la force du vote de gauche. Même 
chose pour une grande coalition entre le PP et les socialistes, 
que les deux partis ont vigoureusement exclu lors de la campagne 
électorale. 
    "L'Espagne a voté pour la gauche. L'Espagne veut le 
changement, mais les résultats montrent que le PP est la 
première force politique", a déclaré Pedro Sanchez, chef de file 
du PSOE. 
    "La première force politique doit essayer de former un 
gouvernement", a-t-il ajouté. 
 
 (Danielle Rouquié et Nicolas Delame pour le service français) 
 
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