Espagne-Podemos et les socialistes vont discuter d'une coalition

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 (Actualisé avec nouvelles citations d'Iglesias, propos de Pedro 
Sanchez) 
    par Julien Toyer et Blanca Rodríguez 
    MADRID, 30 mars (Reuters) - Le Parti socialiste espagnol et 
le parti anti-austérité Podemos ont annoncé mercredi qu'ils 
allaient discuter de la formation d'un gouvernement de coalition 
pour tenter de sortir l'Espagne de l'impasse politique dans 
laquelle elle se trouve depuis les élections législatives du 20 
décembre. 
    Alors qu'un nouveau scrutin pourrait avoir lieu dans un mois 
si un gouvernement n'est toujours pas formé, les dirigeants des 
deux partis politiques se sont réunis mercredi pour la deuxième 
fois cette année et ont décidé de commencer à chercher un accord 
cette semaine. 
    "J'ai vu une volonté commune d'avoir ce dialogue", a déclaré 
Pablo Iglesias, le secrétaire général de Podemos, lors d'une 
conférence de presse. "A compter de cette semaine, je vais me 
retrousser les manches et diriger personnellement l'équipe de 
négociation de Podemos". 
    Pablo Iglesias s'est dit prêt à se retirer d'un éventuel 
gouvernement de coalition dans le cas où cela permettrait de 
parvenir à un accord. 
    "Si ma présence au gouvernement est un problème pour le 
Parti socialiste, je suis prêt à faire des concessions et à ne 
pas faire partie de ce gouvernement afin de créer une coalition 
progressiste en Espagne", a-t-il dit devant la presse. 
    "Il n'y a plus d'excuses. Nous avons démontré que nous 
pouvions faire des concessions", a commenté le dirigeant de 
Podemos ajoutant que désormais la balle était dans le camp du 
Parti socialiste (PSOE). 
    Toute une série de configurations à géométrie variable ont 
été ébauchées ces trois derniers mois entre les quatre 
principales formations politiques : Parti populaire (PP, 
droite), Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Podemos et 
Ciudadanos (centre). 
     
    OBJECTIF COMMUN 
    Les différentes formations politiques ont jusqu'au 2 mai 
pour parvenir à s'entendre et trouver un compromis. A défaut, le 
Parlement sera dissous et de nouvelles élections législatives 
auront lieu, probablement fin juin. 
    Alors que Podemos estime qu'une coalition de gauche doit 
être soutenue par des petits partis et des groupes régionaux, le 
PSOE souhaite que Ciudadanos fasse partie du projet, ce que 
refuse Pablo Iglesias. 
    Début mars, le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez 
n'est pas parvenu à rassembler une majorité au Parlement pour 
soutenir le gouvernement de coalition qu'il entendait former 
avec les centristes de Ciudadanos, en raison de l'opposition 
conjuguée des conservateurs du Parti populaire (PP), de Podemos 
et des formations régionalistes.   
    Après cet échec, le roi Felipe a de nouveau demandé au chef 
du gouvernement sortant Mariano Rajoy de tenter de former un 
cabinet autour du Parti populaire qui est arrivé en tête lors du 
scrutin de décembre.  
    Pedro Sanchez s'est néanmoins montré optimiste mercredi. 
    "Nous avons un objectif commun. Nous ne voulons pas 
d'élections (...) et nous voulons la fin du gouvernement de 
Mariano Rajoy", a déclaré Pedro Sanchez lors d'une conférence de 
presse. 
    "Ce sera difficile, ce n'est pas une affaire entendue. Mais 
nous sommes aujourd'hui plus proches d'un gouvernement de 
changement en Espagne que de nouvelles élections", a-t-il 
ajouté.     
    Les élections du 20 décembre ont provoqué une situation de 
blocage inédite en Espagne, le PP est arrivé en tête mais a 
perdu la majorité absolue dont il disposait auparavant, la 
classe politique se divisant en plusieurs formations 
minoritaires ne parvenant pas à s'entendre. 
 
 (Blanca Rodriguez et Julien Toyer; Pierre Sérisier et Danielle 
Rouquié pour le service français) 
 
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