Espagne-Percée de Podemos aux élections régionales en Andalousie

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* Percée remarquée des nouveaux-venus Podemos et Ciudadanos * Le Parti socialiste obtient 47 sièges et le PP (droite) 33 * Podemos, créé il y a un an seulement, a obtenu 15 sièges par Inmaculada Sanz SÉVILLE, Espagne, 23 mars (Reuters) - Podemos, le nouveau parti espagnol de la gauche antilibérale, a effectué une percée remarquée lors des élections régionales en Andalousie dimanche, donnant un avant-goût du bouleversement du paysage politique prévisible pour les élections législatives nationales prévues d'ici la fin de l'année. Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), au pouvoir depuis 32 ans dans cette région du sud de l'Espagne, reste certes le premier parti représenté à l'assemblée régionale andalouse. Mais le scrutin de dimanche montre que le sentiment anti-austérité qui a porté Syriza, la gauche radicale grecque, au pouvoir à Athènes au mois de janvier, est également bien implanté en Espagne, où un actif sur quatre est au chômage. Les deux grands partis traditionnels, le PSOE et le Parti populaire (PP, droite), qui dirige le gouvernement à Madrid, avaient pourtant fait campagne contre les nouvelles alternatives politiques, affirmant qu'elles étaient dangereuses dans un contexte de reprise économique. Mais cela a semble-t-il laissé les électeurs indifférentes. "Nous sommes les protagonistes du changement, de la création de nouvelles alternatives (...). La carte politique en Andalousie et en Espagne a changé", a déclaré Teresa Rodriguez, directrice de la campagne électorale de Podemos en Andalousie. Le PSOE a remporté 47 sièges sur les 109 que compte l'assemblée régionale, et va donc devoir trouver des alliances avec d'autres formations pour gouverner l'Andalousie. Le PP, après de lourdes pertes, se retrouve avec 33 sièges. Podemos ("Nous pouvons") arrive troisième avec 15 sièges, suivi par Ciudadanos (Citoyens, centre) avec neuf sièges. Les anciens communistes d'Izquierda Unida (IU, Gauche unie en français) récoltent cinq sièges. POSITION D'INFLUENCE "Au niveau national, nous pouvons extrapoler à partir de cela que Podemos et Ciudadanos sont là pour rester", a déclaré José Pablo Ferrandiz, sociologue pour l'institut de sondages Metroscopia. L'Andalousie, région largement agricole, est la région la plus peuplée d'Espagne. Avec environ 6,5 millions d'électeurs, elle représente 20% du corps électoral. Le PP et le PSOE, au pouvoir en alternance au niveau national depuis la fin de la dictature de Franco au milieu des années 70, ont vu leur cote baisser dans les sondages d'opinion avec la crise économique et politique qu'a traversé le pays. La croissance est repartie, mais le chômage reste élevé et les inégalités se sont accrues au sein de la société espagnole. Podemos, créé il y a seulement un an, en janvier 2014, et Ciudadanos ont profité du mécontentement des Espagnols par rapport aux partis établis, accusés de freiner le changement pour protéger leurs intérêts acquis. Lors de la campagne électorale, Podemos et Ciudadanos ont dénoncé la corruption à l'oeuvre selon eux au sein du PSOE et du PP. Ils ont aussi critiqué l'inefficacité des partis en place dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Podemos, dirigé par le charismatique Pablo Iglesias, a remporté cinq sièges aux élections européennes de mai dernier au Parlement européen, surtout des électeurs de gauche. Ciudadanos, créé en 2006, a adopté une approche plus favorables aux marchés. Selon certains analystes, la formation pourrait être en position d'influence pour les prochaines élections législatives. "Nous devons apprendre à gérer le changement. La différence entre Ciudadanos et les autres partis est que nous ne nous considérons comme les ennemis (d'aucun parti)", a déclaré son chef, Albert Rivera. "Nous estimons que les ennemis de l'Espagne sont le chômage, la corruption et la crise de confiance." (Danielle Rouquié pour le service français)

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