Espagne-Les régions dans le viseur des efforts budgétaires

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    MADRID, 20 mars (Reuters) - Le gouvernement espagnol, 
soucieux de montrer à Bruxelles qu'il ne relâche pas ses efforts 
budgétaires, va durcir ses contrôles au niveau des régions, 
déclare le ministre de l'Economie Luis de Guindos dans un 
entretien publié dimanche. 
    La Commission européenne a adressé plusieurs avertissements 
à l'Espagne sur son niveau de déficit, lui demandant des efforts 
supplémentaires, mais le pays n'a toujours pas de majorité au 
Parlement après les élections législatives du 20 décembre. 
    La CE estime notamment que le projet de budget adopté avant 
les élections est fondé sur des projections macro-économiques 
trop optimistes et doit être révisé. 
    Madrid doit ramener son objectif déficitaire à 2,8% du 
produit intérieur brut cette année à comparer à un objectif de 
4,2% en 2015, qui n'a probablement pas été atteint. 
    Dans une interview au journal ABC, Luis de Guindos, dont le 
gouvernement sortant de centre-droit expédie les affaires 
courantes, explique que le niveau de dépenses des 17 régions 
autonomes espagnoles constitue le principal risque pour les 
objectifs de réduction du déficit. 
    Les régions ont probablement déjà manqué leurs propres 
objectifs en 2015, et pas dans les petites largeurs, dit-il. 
    "Dans le programme de stabilité que nous devons envoyer à 
Bruxelles d'ici la fin avril, le gouvernement inclura une série 
de mesures pour corriger cette déviation", annonce-t-il. 
    Prié de dire si Madrid demanderait un délai pour atteindre 
l'objectif de 2,8%, comme le prônent les Socialistes, le 
ministre répond : "Ce qui importe maintenant est que notre plan 
pour réduire le déficit au niveau régional soit jugé crédible." 
    Le pouvoir central peut infliger des amendes aux régions si 
elles n'atteignent pas leurs objectifs financiers mais il s'est 
refusé jusqu'ici à cette extrémité. Il peut aussi imposer des 
conditions plus strictes pour les financements qu'il leur 
accorde. 
    Faute d'accord sur une majorité de coalition au Parlement, 
les Espagnols pourraient devoir revoter en juin. 
    Dans l'interview, Luis de Guindos estime que le pays est 
bien parti pour atteindre une croissance d'environ 3% cette 
année, après une hausse de 3,2% du PIB en 2015. 
    Sur le seul premier trimestre, la croissance devrait 
ralentir à 0,7% contre 0,8% au trimestre précédent du fait des 
moins bonnes perspectives de l'économie mondiale, précise-t-il. 
 
 (Sarah White, Véronique Tison pour le service français) 
 
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