Espagne-Le Psoe ouvre la voie à la reconduction de Rajoy

le , mis à jour à 18:30
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 (Actualisé avec précisions) 
    par Inmaculada Sanz 
    MADRID, 23 octobre (Reuters) - Le Parti socialiste ouvrier 
espagnol (Psoe) a de facto donné dimanche son feu vert à la 
création d'un gouvernement conservateur minoritaire, mettant 
ainsi fin à dix mois de paralysie politique consécutifs à deux 
élections législatives sans majorité. 
    Les socialistes étaient placés devant le choix d'un 
troisième scrutin législatif dans un proche avenir ou de la 
perspective d'un nouveau gouvernement dirigé par Mariano Rajoy. 
    Les dirigeants socialistes ont décidé au terme d'une réunion 
extraordinaire, dimanche en début d'après-midi, de s'abstenir 
lors du vote de confiance auquel le président du gouvernement 
sortant entend se soumettre la semaine prochaine au Parlement. 
Cette décision d'abstention, qui permettra à Mariano Rajoy 
d'entamer un deuxième mandat, a été prise par 139 voix pour et 
96 contre. 
    Défendant ce résultat, le dirigeant par intérim du Psoe, 
Javier Fernandez, a estimé que c'était le moins mauvais des deux 
choix possibles. 
    "Nous avons tenté de remporter les élections, mais étant 
donné que cela n'a pas été le cas, il nous faut un gouvernement 
pour que nous puissions jouer notre rôle d'opposant", a-t-il 
déclaré. 
    Mariano Rajoy, dont le Parti populaire est arrivé en tête 
des deux derniers scrutins législatifs sans obtenir la majorité 
absolue, n'a pas réussi à former de coalition gouvernementale. 
Son gouvernement expédie les affaires courantes depuis décembre 
dernier. 
     
    LA FIN DU BIPARTISME 
    L'ancien dirigeant socialiste Pedro Sanchez avait exclu de 
permettre au dirigeant de la droite de se maintenir au pouvoir, 
ce qui aurait imposé la tenue de nouvelles élections anticipées 
en décembre prochain. 
    Mais lui-même a dû démissionner sous la pression de son 
propre parti, qui craignait qu'un tel scrutin ne permette à 
l'alliance Unidos Podemos (gauche radicale) de le devancer dans 
les urnes. 
    Le gouvernement minoritaire que va diriger Mariano Rajoy 
devra composer au cours des quatre années à venir avec un 
parlement profondément fragmenté et hostile, ce qui sera un 
facteur d'instabilité pour le pays. 
    Sa tâche prioritaire sera de prolonger le rebond économique 
consécutif à plusieurs années de récession, tout en réduisant 
les dépenses afin de se soumettre aux règles budgétaires 
européennes. 
    Les législatives du 20 décembre 2015 ont mis fin au 
bipartisme qui prévalait en Espagne depuis l'avènement de la 
démocratie, et les nouvelles législatives du 26 juin dernier ont 
confirmé l'émiettement du vote et l'enracinement du 
quadripartisme - le PP de Rajoy, le Psoe et deux nouveaux venus: 
Unidos Podemos à gauche et Ciudadanos au centre. Ces deux 
dernières formations disposent, ensemble, de près d'un tiers des 
sièges au Parlement (71 pour Unidos Podemos et 32 pour 
Ciudadanos). 
    Le Parti populaire contrôle 137 des 350 sièges de la chambre 
basse. Le Psoe, lui, en a 85. 
 
 (Tangi Salaün, Danielle Rouquié et Eric Faye pour le service 
français) 
 
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