Espagne-Le débat politique s'envenime à six jours des élections

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    MADRID, 15 décembre (Reuters) - A moins d'une semaine des 
élections législatives, le débat politique s'est envenimé en 
Espagne lundi soir lors d'une confrontation télévisée entre le 
président du gouvernement Mariano Rajoy et l'opposant socialiste 
Pedro Sanchez. 
    Dans une campagne tendue, ce dernier a attaqué Mariano Rajoy 
sur les rumeurs de corruption qui visent certains dirigeants du 
Parti populaire (PP) au pouvoir et l'a accusé de mentir sur son 
bilan économique. 
    "Si vous continuez à être premier ministre, le coût pour 
notre économie sera énorme parce que le premier ministre, M. 
Rajoy, doit être quelqu'un d'honnête et vous ne l'êtes pas", a 
lancé Sanchez lors de ce débat télévisé suivi par des millions 
de téléspectateurs. 
    Piqué au vif et rouge de colère, le chef du gouvernement 
espagnol a rejeté ces accusations. "Vous êtes jeune. Vous allez 
perdre ces élections", a-t-il répliqué. "Vous vous remettrez 
d'une défaite électorale mais vous ne vous remettrez pas de la 
déclaration méprisable, basse et méchante que vous avez faite 
ici aujourd'hui". 
    "Je suis un homme politique honorable, au moins aussi 
honorable que vous", a-t-il poursuivi. 
    Ce débat était la dernière chance offerte aux deux rivaux de 
mobiliser leur camp alors que le PP et le Parti socialiste 
(Psoe), qui dominent la vie politique espagnole depuis la fin de 
la dictature franquiste, font face à une contestation sans 
précédent. 
    Le Parti populaire arriverait en tête des élections, avec 
28,3%, ce qui lui donnerait de 117 à 124 sièges, sur un total de 
350, à en croire une enquête de l'institut GAD3 pour le journal 
conservateur ABC, dimanche. 
    Ciudadanos, formation centriste dirigée par le télégénique 
Albert Rivera, 36 ans, obtiendrait 18,1%, soit 59 à 63 sièges 
(17,9% le 7 décembre). A gauche, les socialistes du Psoe 
recueilleraient 21,2%, soit 83 à 85 sièges. 
    L'économie espagnole connaît une reprise après une crise 
économique et bancaire grave qui a laissé le pays avec un niveau 
de chômage au-dessus de 20%. L'opinion publique est également 
mécontente des affaires de corruption dont certaines touchent le 
PP. 
    De nombreux électeurs demeurent indécis mais les résultats 
du scrutin de dimanche devraient, selon toute vraisemblance, 
conduire à la formation d'un gouvernement minoritaire. 
     
     
 
 (Adrian Croft et Julien Toyer; Pierre Sérisier pour le service 
français) 
 
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