Espagne-La Cour constitutionnelle révoque la résolution catalane

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 (Réactions, contexte) 
    MADRID, 2 décembre (Reuters) - La Cour constitutionnelle 
espagnole a révoqué mercredi, moins de trois semaines avant les 
élections législatives nationales, la résolution adoptée le 9 
novembre par le Parlement de Catalogne, censée marquer le début 
d'un processus de scission avec le reste de l'Espagne. 
    Dans cette résolution, le Parlement de la Généralité 
exposait le projet de proclamer une république dans les dix-huit 
mois en Catalogne, région qui représente un cinquième du PIB de 
l'Espagne. 
    Ce processus était bloqué depuis le 11 novembre dans 
l'attente de la décision de la Cour constitutionnelle. 
    Les dirigeants catalans élus en septembre ont clairement 
annoncé qu'ils ne tiendraient pas compte des arrêts que rendrait 
la Cour. 
    Les élections législatives espagnoles se tiendront le 20 
décembre et les sondages donnent l'avantage au Parti populaire 
(PP) du président du gouvernement Mariano Rajoy, qui ne devrait 
cependant pas obtenir suffisamment de voix pour pouvoir 
gouverner seul. 
    Dans son arrêt, la Cour constitutionnelle, qui avait été 
saisie par le gouvernement espagnol, souligne que la résolution 
du Parlement de Catalogne  "viole les normes constitutionnelles 
qui attribuent au peuple espagnol la souveraineté nationale". 
    Mariano Rajoy s'est réjoui de cette décision. "L'immense 
majorité des Espagnols qui a foi en l'Espagne, en la 
souveraineté nationale et en l'égalité de tous les Espagnols va 
être très satisfaite", a-t-il dit. 
    Les dirigeants catalans n'ont pas réagi dans l'immédiat. 
    Les indépendantistes catalans ont obtenu 47,8% des voix et 
la majorité absolue des sièges aux élections régionales 
d'octobre. 
    Depuis, le débat sur la sécession de la plus riche des 
régions espagnoles s'est imposé comme l'un des principaux thèmes 
de la campagne pour les prochaines législatives. 
    Hors de Catalogne, les adversaires de l'indépendance de la 
région sont majoritaires, quelle que soit leur sensibilité 
politique. 
    Un référendum d'autodétermination jugé illégal par Madrid a 
été organisé l'an dernier en Catalogne et Artur Mas, président 
de la région, a été mis en examen pour l'avoir organisé contre 
l'avis des autorités nationales. 
    Dans sa résolution du 9 novembre, le Parlement catalan 
disait qu'il allait "adopter les mesures nécessaires pour 
entamer le processus démocratique d'émancipation totale, 
permanente et pacifique vis-à-vis de l'Etat espagnol". 
    Les décisions juridiques nationales, "en particulier celles 
de la Cour constitutionnelle", ne sont pas légitimes, ajoutait 
cette résolution. 
    Début octobre, le Parlement espagnol a voté un texte 
permettant à la Cour constitutionnelle de punir d'amendes -- 
voire de suspendre -- les autorités qui refuseraient d'appliquer 
ses décisions.  ID:nL5N1214KJ       
 
 (Adrian Croft, Raquel Castillo et Inmaculada Sanz; Eric Faye et 
Guy Kerivel pour le service français) 
 
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