Espagne: l'espagnol Talgo remporte un marché pour 15 TGV

le , mis à jour à 15:38
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Un train du constructeur espagnol Talgo à son arrivée à Bombay (Inde), en provenance de New Dehli, à l'occasion d'essais menés en août 2016 ( AFP/Archives / PUNIT PARANJPE )
Un train du constructeur espagnol Talgo à son arrivée à Bombay (Inde), en provenance de New Dehli, à l'occasion d'essais menés en août 2016 ( AFP/Archives / PUNIT PARANJPE )

Le constructeur espagnol Talgo a remporté face à Alstom et Siemens un marché de fabrication de 15 trains à grande vitesse pour la compagnie nationale Renfe, pour un montant de 786 millions d'euros, a annoncé le ministre de l'Equipement lundi.

"L'offre gagnante a été celle présentée par Talgo", a annoncé le ministre Iñigo de la Serna. Le contrat pourrait être étendu à 15 trains supplémentaires, en "fonction des besoins", et représenterait alors 1,4 milliard d'euros.

Les trains de Talgo, dont le coût est chiffré à 22,5 millions d'euros l'unité, auront une vitesse maximale de 330 kilomètres/heure et pourront transporter entre 521 et 556 passagers selon l'option retenue, a poursuivi le ministre.

Le montant du contrat, de 786 millions d'euros, est inférieur d'environ 28% au montant maximal fixé par l'appel d'offres de Renfe, et comprend 30 ans de maintenance, a précisé Iñigo de la Serna. La décision sur les 15 autres se fera "par tranche de cinq" et la période de maintenance pourra être prolongée de 10 ans.

Le 22 novembre avait déjà eu lieu l'ouverture des enveloppes de l'appel d'offres, c'est-à-dire les notes techniques et de prix données à chaque entreprise ayant déposé une offre.

- Meilleure évaluation technique -

Talgo avait obtenu la meilleure évaluation technique. Il était deuxième pour l'évaluation économique, après le constructeur espagnol CAF mais l'offre de CAF comportant des erreurs, Talgo a finalement obtenu "la meilleure évaluation du point de vue technique et du point de vue économique", a indiqué le ministre.

Les deux autres groupes étaient le français Alstom (arrivé deuxième sur le plan technique et troisième sur l'offre économique) et l'allemand Siemens, dernier sur les évaluations.

L'annonce officielle du choix n'avait cependant pas encore été faite et Talgo avait assuré avoir gagné l'appel d'offres, à la surprise d'Alstom, qui a "envoyé une lettre à Renfe pour demander plus d'informations sur les notes".

Le ministre espagnol de l'Equipement, Inigo de la Serna, le 4 novembre 2016 à Madrid
Le ministre espagnol de l'Equipement, Inigo de la Serna, le 4 novembre 2016 à Madrid ( POOL/AFP/Archives / Sergio Barrenechea )

Un éventuel recours d'Alstom, qui ne s'était pas encore prononcé lundi à la mi-journée, pourrait entraîner le gel du lancement des travaux le temps de l'examen du recours, qui prend habituellement environ un mois, a assuré Iñigo de la Serna.

Talgo est déjà le principal fournisseur de trains à grande vitesse de la compagnie ferroviaire nationale Renfe avec 47% du marché, devant Siemens (27%) et Alstom (26%). Avec 15 trains supplémentaires, Talgo monterait à 54%, a indiqué une porte-parole de l'entreprise à l'AFP.

Les dix premiers trains devraient être livrés dans un délai de 38 mois, soit début 2020, a précisé le ministre, qui s'est félicité de la création de quelque mille emplois pendant la durée de la fabrication des trains, sur cinq ans.

Le contrat est justifié par l'augmentation du nombre de passagers sur les lignes à grande vitesse espagnoles, "plus de 60% depuis 2013" selon Iñigo de la Serna, et par l'ouverture de nouvelles lignes, le dernier contrat d'achat de trains signé de Renfe remontant à 2005.

Avec plus de 3.000 kilomètres de lignes, l'Espagne dispose du premier réseau ferroviaire à grande vitesse européen.

Talgo accumule les bonnes nouvelles, après l'annonce mi-novembre d'un accord avec Ryad sur les surcoûts liés à la livraison du "TGV du désert", reliant Médine et La Mecque, un contrat de 6,7 milliards d'euros qu'il avait décroché avec Renfe et 12 autres entreprises. Ryad a accepté de régler 150 millions d'euros supplémentaires pour compenser les difficultés techniques sur ce macro-chantier qui sera achevé début 2018.

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  • M8503210 il y a 6 jours

    Peut être que les TGV auront des pièces fabriquées en Espagne, France et Allemagne !

  • bernm il y a 6 jours

    Il y a une constructeur qui a la fois la techno Siemens et Alsthom... Mais il est en Chine...

  • gache1 il y a 6 jours

    Il n'y a pas la place pour 3 constructeurs de TGV en Europe, le marché est trop petit. Résultat chaque pays développe son champion qui concurrence les 2 autres. Quand fera t-on un Airbus du ferroviaire ?

  • M7163258 il y a 6 jours

    M709 "je suis content pour les espagnols. Ils le méritent." Gratuit et polémique à votre image toujours !!! Vous volez bien bas m709...

  • M7163258 il y a 6 jours

    perdant4 Vous n'y connaissez rien en marché public et vous affirmez n'importe quoi gratuitement sans aucuns éléments que vos affirmations! Lorsque c'est Bombardier qui a le marché c'est également du protectionnisme déguisé?

  • perdant4 il y a 6 jours

    l'espagne commande des TGV espagnol et la france des TGV en france....méme sous forme d'appels d'offre déguisées, ça s'appelle du protectionisme!! et on critique trump qui le dit ouvertement!!! c'est ça l'europe!!

  • fififif2 il y a 6 jours

    Quand on voit la couleur des tomates blanches à l"intérieur, l'affaire Gowex qui a trafiqué ses comptes pendant 10 Ans je me demande s'il y a bien un moteur électrique dans le TGV ?!

  • M7097610 il y a 6 jours

    je suis content pour les espagnols. Ils le méritent.

  • jean.coq il y a 6 jours

    nono67 - oui mais les francais s'offusqunt que les espagnols choisissent espagnol.

  • rraclot il y a 6 jours

    Les espagnols bénéficient de très bons soutiens en France ??