Espagne et Portugal menacés de sanctions pour déficit excessif

le , mis à jour à 20:35
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 (Actualisé avec réaction espagnole §§6-8) 
    par Francesco Guarascio 
    BRUXELLES, 7 juillet (Reuters) - La Commission européenne a 
ouvert jeudi une procédure de sanctions pour déficit excessif 
contre l'Espagne et le Portugal, qui risquent de se voir 
infliger des amendes avant la fin du mois de juillet. 
    Ces deux pays ont affiché en 2014 et 2015 des déficits 
publics supérieurs à la limite autorisée de 3% de leur produit 
intérieur brut (PIB) et ne les ont pas réduits au rythme 
convenu, a déclaré l'exécutif européen. 
    L'Espagne et le Portugal risquent désormais des amendes et 
la suspension de leur accès aux fonds européens s'ils ne 
parviennent pas à prouver que leur situation budgétaire résulte 
de "circonstances économiques exceptionnelles". 
    La décision de la Commission européenne pourrait donc 
fragiliser encore la situation budgétaire mais aussi politique 
de ces deux pays. 
    En Espagne, les partis politiques ne parviennent pas à 
former de gouvernement après deux élections législatives en six 
mois qui n'ont pas permis de dégager de majorité évidente à la 
chambre des députés. 
    Le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, s'st 
déclaré jeudi persuadé que son pays échapperait à toute 
pénalité. 
    "La procédure en vue d'une éventuelle sanction a été ouvert 
mais je suis convaincu que cette sanction n'aura pas lieu parce 
que l'Espagne est l'économie qui a la plus forte croissance de 
la zone euro et qu'elle a adopté plus de réformes que n'importe 
qui d'autre. Ce serait absurde", a-t-il dit à la presse. 
    "A partir de maintenant, un accord sur une nouvelle 
trajectoire budgétaire est possible et c'est ce qui va se passer 
dans les semaines à venir", a-t-il ajouté. 
    Au Portugal, dirigé par un gouvernement socialiste 
minoritaire dépendant de l'appui de partis de gauche, le Premier 
ministre, Antonio Costa, s'est dit convaincu devant les députés 
de pouvoir sortir le pays de cette procédure pour déficit 
excessif "sans plan B, sans mesures supplémentaires, mais 
seulement en agissant avec détermination et rigueur". 
    La chef de file du Bloc de gauche, qui appuie le 
gouvernement sans y participer, a dénoncé lors du débat 
parlementaire une attaque inacceptable contre le Portugal et 
exhorté le gouvernement à y résister. Catarina Martins a jugé 
que l'initiative prise contre l'Espagne et le Portugal prouvait 
qu'il y avait au sein de l'UE deux poids deux mesures en matière 
de respect des règles budgétaires. 
     
    LES SANCTIONS PEUT-ÊTRE RAMENÉES À ZÉRO, DIT DOMBROVSKIS 
    Le président de la Commission européenne, Jean-Claude 
Juncker, a déclaré fin mai que la France avait bénéficié d'une 
indulgence de la part de l'exécutif européen "parce que c'est la 
France". 
    Les règles européennes prévoient des amendes pouvant 
atteindre 0,2% du PIB pour les pays de la zone euro qui ne 
résorbent pas leurs déficits excessifs. De telles sanctions 
n'ont jamais été appliquées jusqu'à présent. 
    Les ministres des Finances de l'UE se prononceront sur la 
recommandation de la Commission vis-à-vis de l'Espagne et du 
Portugal lors de leur réunion prévue le 12 juillet, a dit une 
porte-parole de la présidence slovaque de l'UE. 
    Il est peu probable que le Conseil aille à l'encontre de 
cette recommandation car il faudrait pour cela une majorité 
qualifiée des Etats membres. 
    Une fois la décision du Conseil rendue, la Commission devra 
proposer des sanctions "dans un délai de 20 jours", précise 
l'exécutif européen. L'Espagne et le Portugal pourraient ainsi 
être sanctionnés d'ici le 27 juillet, date de la dernière 
réunion de la Commission avant sa pause estivale. 
    Les deux pays disposent pour leur part de 10 jours pour 
prouver qu'ils sont confrontés à des circonstances économiques 
exceptionnelles ou proposer des mesures de correction 
    "Nous sommes ouverts au dialogue", a assuré Pierre 
Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et 
financières, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. 
    Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission chargé 
de l'euro, a pour sa part déclaré: "Il y aura assurément au 
cours de cette procédure une possibilité pour ces pays de 
soumettre des requêtes motivées pour réduire les sanctions 
potentielles ou même probablement les ramener à zéro." 
    L'Espagne a affiché en 2015 un déficit de 5,1% du PIB alors 
que la Commission le réclamait à 4,2%. Le Portugal a pour sa 
part constaté un déficit de 4,4% du PIB alors qu'il était censé 
le ramener à 2,5%. 
 
 (avec Andrei Khalip à Lisbonne; Bertrand Boucey pour le service 
français, édité par Marc Angrand) 
 
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