Esclavage: Pas de réparation financière, réaffirme Valls

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    PARIS, 30 octobre (Reuters) - Manuel Valls écarte à nouveau 
l'hypothèse de réparations financières liées à l'esclavage, 
appelant à concilier devoir de mémoire et initiatives visant à 
préparer l'avenir du continent africain, dans une tribune 
publiée dimanche sur le site internet du Monde. 
    Le Premier ministre français, qui a entamé vendredi une 
tournée de quatre jours en Afrique de l'Ouest, propose ainsi la 
mise en place d'un système d'échanges pour les étudiants 
africains et européens inspiré du programme Erasmus.  
    Dans ce texte, intitulé "On ne peut pas réparer l'esclavage 
mais on peut préparer l'avenir" et rédigé dans la capitale 
ghanéenne Accra, Manuel Valls repousse l'idée de réparations 
matérielles liées à l'esclavage, que François Hollande avait 
déjà écartée à plusieurs reprises.    
    "Il ne s'agit pas tant de vivre dans l'idée d'une réparation 
- comme disait le grand poète martiniquais, descendant 
d'esclaves, Aimé Césaire, l'esclavage est 'irréparable' - que de 
regarder vers demain, c'est-à-dire renforcer les liens entre nos 
deux continents, de part et d'autre de la Méditerranée", écrit 
le Premier ministre.  
    Evoquant dans son texte "l'horreur de l'esclavage" et le 
"désastre à grande échelle" qu'a été la traite négrière, Manuel 
Valls rappelle que "cette réalité doit être rappelée, enseignée, 
martelée". 
    Tout en plaidant pour "une mémoire partagée, apaisée", il 
rappelle cependant que l'"histoire de l'Afrique, ce n'est pas 
que l'histoire de l'esclavage, à laquelle on veut trop souvent 
la réduire" et estime que le continent doit donc "s'affranchir 
de son passé" et "se tourner avec enthousiasme vers l'avenir".   
    "C'est pour cela que je propose la création d'un 'Erasmus 
euro-africain' - à qui il faudra trouver un nom - pour que les 
jeunes africains et les jeunes européens puissent venir étudier 
les uns chez les autres, se rencontrer, échanger, apprendre 
ensemble", indique le Premier ministre.          
    "L'Afrique n'est pas en train de se relever : elle est 
debout, fermement installée dans l'Histoire", conclut Manuel 
Valls en contrepoint aux propos tenus en juillet 2007 à Dakar 
par Nicolas Sarkozy, qui avait estimé que "l'homme africain 
n'est pas assez entré dans l'Histoire".      
 
 (Myriam Rivet, édité par Henri-Pierre André) 
 
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