ERIN : un réseau européen pour fédérer les activistes de l'investissement responsable

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ERIN : un réseau européen pour fédérer les activistes de l'investissement responsable
ERIN : un réseau européen pour fédérer les activistes de l'investissement responsable

ShareAction, spécialiste de l’engagement actionnarial britannique, a organisé à Berlin, le 10 juin, le lancement d’ERIN. Ce réseau européen pour l’investissement responsable rassemble près d’une trentaine d’organisations, dont de nombreuses ONG environnementales. Il a réuni près de 150 participants venus d’une quinzaine de pays, qui ont décliné les différentes facettes de leurs actions visant à transformer le secteur financier pour qu’il soit au service de la société.

ONG environnementales,  spécialistes du désinvestissement et des risques liés au climat, forums pour l’investissement responsable, investisseurs spécialistes des campagnes de consommateurs et investisseurs… Les participants de la première conférence du réseau ERIN (European Responsible Investment Network) ont des objectifs éclectiques et viennent d’horizons variés (Allemagne, Pays-Bas, Grande Bretagne, Italie, France Pologne…).

Ils ont un but commun : pousser les acteurs financiers à rendre des comptes à leurs bénéficiaires et à exiger des entreprises un comportement plus respectueux en termes environnementaux et sociaux. "Nous avons été créés il y a une dizaine d’années en Grande Bretagne par un groupe d’ONG et de syndicats qui voulaient influer sur les entreprises via l’engagement actionnarial", rappelle Catherine Howarth, la directrice de Share Action. "C’était inimaginable à l’époque d’espérer rassembler autant d’organisations qui ont des but similaires. C’est fantastique de voir comment la société civile a bougé et l’accueil que reçoit ce projet de réseau européen."

A travers la journée de débats auxquels a participé Novethic, s’est dessiné le contour d’un mouvement associant les parties prenantes d’un investissement responsable de transformation, susceptible de faire bouger les lignes grâce à un cocktail de campagne ciblées, de législations adaptées, de pratiques innovantes et de mobilisation des citoyens.

 

Étouffer le charbon

 

Côté campagnes, celle menée en coopération par des ONG norvégiennes (Framtiden et Greenpeace) et allemande (Urgewald) pour amener le fonds norvégien à désinvestir le charbon pour limiter sa contribution au changement climatique, a été considérée comme exemplaire. Il leur a fallu plusieurs années pour sensibiliser le fonds souverain norvégien aux impacts environnementaux de sa gestion financière et convaincre le parlement de lui demander de désinvestir le charbon. Les ONG ont même publier un mode d’emploi du désinvestissement. Elles veillent enfin sur la mise en œuvre des annonces de désinvestissement  faites par le fonds. "Nous continuons à analyser son portefeuille", explique Heffa Schücking, directrice générale d’Urgewald. "Nous venons de publier une analyse montrant les limites du désinvestissement actuel, qui laisse encore de la place à l’industrie du charbon. Nous proposons une liste de 80 entreprises complémentaires en basant nos critères sur la décision du parlement norvégien, plus restrictifs que ceux définis par le Ministère des finances norvégien, en charge du pilotage financier du fonds."

 

Un enjeu démocratique

 

Rendre des comptes, c’est ce qui est demandé aux investisseurs responsables. Xander den Uyl, l’un des administrateurs d’un des deux grands fonds de pension néerlandais ABP, est venu expliquer comment la politique de gestion avait été transformée pour reprendre en main le contrôle de la gestion des retraites de 2 800 000 Néerlandais. "Notre politique d’investissement responsable doit aujourd’hui nous permettre de savoir dans quelles entreprises nous avons investi et sur quels critères. Nous voulons être capables de répondre aux questions posées par nos bénéficiaires sur les conditions sociales et environnementales dans lesquelles exercent les entreprises dont nous sommes actionnaires. Nous avons reformé et ouvert notre gouvernance pour pouvoir dialoguer avec eux." 

Faire de la gestion des retraites ou d’autres actifs financiers un enjeu démocratique et participatif, basé sur une gestion de long terme visant à préserver l’environnement et garder des conditions sociales décentes, c’est l’ambition des membres du réseau ERIN. La réunion de Berlin témoigne des promesses d’un mouvement qui agirait de façon concertée à échelle européenne pour faire avancer les causes qu’il défend, de la lutte contre le changement climatique aux revenus décents, en passant par la limitation des rémunérations excessives.

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