Ericsson va réduire encore ses coûts, le titre chute

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ERICSSON ANNONCE DES RÉDUCTIONS DE COÛTS
ERICSSON ANNONCE DES RÉDUCTIONS DE COÛTS

par Simon Johnson et Olof Swahnberg

STOCKHOLM (Reuters) - Ericsson a fait état vendredi d'une chute de 42% de son résultat brut opérationnel au troisième trimestre, sous le coup d'une baisse des investissements de ses clients et a annoncé de nouvelles réductions de coûts pour préserver ses activités du ralentissement économique.

Le titre du premier équipementier mondial des réseaux télécoms mobiles chutait de 4,46% à 09h45 GMT à la suite de ces annonces, à 57,80 couronnes suédoises, accusant la deuxième plus forte baisse de l'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 derrière Randstad. L'action se rapprochait de son plus bas de trois ans et demi de 55,9 couronnes touché en juillet.

En plus du ralentissement économique mondial, qui incite bon nombre de grandes entreprises à reporter d'importants investissements à des jours meilleurs, les équipementiers de premier plan tel qu'Ericsson sont confrontés à une concurrence accrue d'acteurs plus petits.

Ericsson a ainsi subi une érosion de ses marges après avoir obtenu des contrats peu juteux en Europe, gagnant donc des parts de marché au détriment de sa rentabilité.

Le groupe suédois a dit que ces conditions de marché n'étaient guère susceptibles d'évoluer à court terme.

"Les ventes de réseaux continuent d'être déprimées (...) et de peser sur la marge brute. Il n'y a plus qu'à attendre un meilleur environnement économique", a déclaré Pierre Ferragu, analyste chez Sanford Bernstein.

La division réseaux d'Ericsson a vu son chiffre d'affaires reculer de 17% d'une année sur l'autre, en raison d'une baisse des ventes dans certaines parties de l'Europe, d'un déclin continu de réseaux plus anciens aux Etats-Unis et en Chine et de ventes plus faibles dans la 3G en Russie.

TOUS LES GRANDS ACTEURS TOUCHÉS

"Nous continuerons, de manière proactive, à identifier d'autres gains en efficacité et réductions de coûts", déclare Hans Vestberg, directeur général d'Ericsson, cité dans un communiqué.

Dernier opérateur télécoms à avoir revu à la baisse ses ambitions, Sprint Nextel a annoncé cette semaine qu'il consacrerait moins de sommes que prévu aux dépenses d'investissement, à l'instar de ses rivaux américains Verizon et AT&T.

Dans ce contexte, Alcatel-Lucent, l'un des concurrents d'Ericsson, en annoncé en juillet qu'il allait supprimer 5.490 postes dans le monde, dont plus de 1.400 en France.

Nokia Siemens Network , un autre géant du secteur des équipementiers télécoms, est en pleine restructuration - avec à la clef une diminution d'environ un quart de ses effectifs - pour trouver un milliard d'euros d'économies d'ici la fin de l'année prochaine.

Même les acteurs chinois ne sont pas à l'abri de la conjoncture déprimée, ZTE ayant annoncé la semaine dernière une perte au troisième trimestre, la première depuis son introduction en Bourse en 2004.

Le bénéfice d'exploitation d'Ericsson, hors pertes de ses filiales mais en tenant compte des charges de restructuration, s'est établi à 3,7 milliards de couronnes (426 millions d'euros) contre 6,3 milliards il y a un an et 3,4 milliards anticipés par les analystes financiers.

La marge brute du groupe est tombée de 35% il y a un an à 30,4% alors que les analystes avaient tablé sur 31,7%.

Le chiffre d'affaires du groupe, à 54,6 milliards de couronnes, est également ressorti en deçà du consensus (55,3 milliards).

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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