Eric Woerth nie avoir reçu des espèces de Liliane Bettencourt

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AU PROCÈS BETTENCOURT, ERIC WOERTH NIE AVOIR REÇU DE L'ARGENT DE L'HÉRITIÈRE DE L'ORÉAL
AU PROCÈS BETTENCOURT, ERIC WOERTH NIE AVOIR REÇU DE L'ARGENT DE L'HÉRITIÈRE DE L'ORÉAL

par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - L'ancien ministre UMP Eric Woerth, trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a nié mardi avoir perçu avant cette échéance de l'argent de Liliane Bettencourt, alors en état de faiblesse selon une expertise médicale.

Eric Woerth comparaît devant le tribunal de Bordeaux où dix prévenus ont à répondre d'éventuels abus de faiblesse dont aurait été victime l'héritière de l'Oréal.

Il a reconnu avoir eu deux rendez-vous avec le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, en janvier et février 2007 mais a nié avoir touché 50.000 euros et une somme "indéterminée", entre 100.000 et 400.000 euros.

"Je n'ai jamais reçu d'argent de Monsieur de Maistre. Jamais il ne m'a remis d'espèces pour financer une campagne ou quoi que ce soit d'autre", a dit l'ancien ministre. "Cette campagne a été gérée de manière rigoureuse."

Claire Thibout, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, principal témoin à charge, a réitéré mardi ses accusations lors d'une audition par visioconférence, son état de santé ne lui permettant pas de supporter une audition devant le tribunal.

Elle a précisé que Patrice de Maistre lui avait demandé le 11 janvier 2007 de retirer 150.000 euros d'un compte bancaire.

"Je lui ai demandé pourquoi. Il m'a répondu: je dois voir Monsieur Woerth, c'est pour la campagne électorale de Monsieur Sarkozy", a-t-elle déclaré.

Le 17 janvier, elle procédait à un retrait de 50.000 euros en liquide, le maximum possible sur un compte accréditif, puis a remis le lendemain une enveloppe contenant la somme à Liliane Bettencourt, laquelle l'a confiée à Patrice de Maistre.

DE L'ARGENT DE SUISSE?

Plus tard, Patrice Maistre, selon Claire Thibout, va lui dire que "ça sert d'avoir des comptes en Suisse".

"J'en ai déduit qu'il avait récupéré le reste de l'argent (100.000 euros) en Suisse", a-t-elle conclu.

Patrice de Maistre et Eric Woerth se sont ensuite rencontrés le 19 janvier, ce qui a convaincu les juges que cette réunion dans un café parisien avait permis de remettre l'argent à Eric Woerth, ce que les deux hommes ont toujours nié.

"Monsieur de Maistre ne m'a pas rencontré en tant mandataire des Bettencourt. Il m'a apporté une note fiscale sur les entreprises que j'ai transmise au responsable de la cellule qui s'occupe du programme", a précisé Eric Woerth.

L'instruction a retenu que le 30 janvier suivant, Patrice de Maistre avait rencontré à Genève Me René Merkt, chargé des nombreux comptes suisses de Liliane Bettencourt, pour mettre en place un système de mise à disposition d'espèces.

Claire Thibout et Patrice de Maistre s'étaient ensuite rencontrés le 5 février pour une mise à disposition d'espèces venant de Suisse de 400.000 euros à Liliane Bettencourt.

Le 7 février, Patrice de Maistre et Eric Woerth s'étaient à nouveau rencontrés, une concordance de dates pointée par les juges d'instruction.

COMPTABILITÉ INCOHÉRENTE

Enfin, le 10 février, Nicolas Sarkozy a rendu visite à son domicile à André Bettencourt qui avait envoyé quelques semaines plus tôt une lettre de soutien au futur président.

Eric Woerth a indiqué avoir rencontré trois fois Liliane Bettencourt et reconnu connaître Patrice de Maistre "qui fait partie du premier cercle des donateurs de l'UMP".

Les mouvements d'argent liquide ont cependant été difficiles à vérifier, un expert-comptable, Michel Bruyas, qui a expertisé la comptabilité tenue par Claire Thibout, ayant indiqué lundi que sa "comptabilité incohérente" était tenue "sur un brouillard de caisse écrit au crayon à papier".

Les remises d'argent venus des comptes suisses se sont poursuivies jusqu'en décembre 2009, dont une le 26 avril 2007 d'un montant de 400.000 euros.

Le président du tribunal, Denis Roucou, a noté que c'est ce même jour que François-Marie Banier, le photographe et ami de la milliardaire, a rapporté qu'elle lui avait dit: "Sarkozy a encore demandé de l'argent. Je lui ai dit oui".

Nicolas Sarkozy, mis en examen après avoir été soupçonné d'avoir bénéficié des largesses de la milliardaire, a finalement bénéficié d'un non-lieu pour "manque de preuves tangibles".

Eric Woerth, 58 ans, ancien ministre du Budget puis du Travail, actuel député UMP, encourt une peine de cinq ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • LeRaleur le mardi 10 fév 2015 à 19:58

    Qui peut prouver le contraire. Si oui, tout à été fait pour que personne puisse le voir.