Eric Galiègue (Valquant) : « En dessous de 3.100 points, on peut surpondérer les actions »

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Si l'on écarte un scénario catastrophe, il peut être judicieux d'être contrarian et de revenir à l'achat sur les valeurs les plus décotées selon Eric Galiègue, président du bureau d'analyses Valquant (Groupe DayByDay).

La crise politique en Grèce créé à nouveau une grande incertitude sur les marchés qui redoutent une sortie du pays de la zone euro. L'hypothèse devient-elle très probable selon vous ?

Eric Galiègue : En démocratie, le peuple est souverain. Si les Grecs ne veulent pas des plans d'austérité, on ne pourra pas les leur imposer par la force. La probabilité de sortie de la Grèce de la zone euro est réelle mais pas inéluctable. Ce scénario a peut-être une chance sur trois de se réaliser mais je ne crois pas que les résultats des élections traduisent un rejet de l'Europe. Il s'agit davantage d'un rejet des politiques d'austérité qui ont plongé la Grèce mais aussi l'Espagne et le Portugal dans des contextes récessifs qui ne permettent pas de sortir de la crise. Après cinq années de récession, le peuple grec ne voit pas le bout du tunnel. L'austérité pour l'austérité n'a pas de sens.

Dans ce contexte, pensez-vous que François Hollande sera en position de force pour négocier avec l'Allemagne et les autres pays européens un plan de croissance et demander une renégociation du traité de discipline budgétaire ?

E.G : Oui, concernant l'ajout d'un volet de croissance. Les politiques d'austérité n'ont d'intérêt que s'il s'agit de préparer la croissance de demain. Les déclarations récentes de Mario Draghi abondent dans ce sens. Il ne faut pas opposer les deux, d'autant que la croissance ne se décrète pas. Cela fait trente ans que nos dirigeants européens font de la relance publique et du déficit qui n'arrivent pas à générer suffisamment de la croissance. L'issue de la crise passe plutôt par la mise en place d'une véritable politique de l'offre. Notre croissance future dépend de la mobilisation de fonds propres et non pas de dette supplémentaire. Pour cela, il faut mettre en place une croissance reposant sur de l'investissement privé et des partenariats public-privé (PPP) comme ceux mis en place outre-Manche par David Cameron. Il faut aussi que les investisseurs acceptent d'investir dans des projets sans attendre des rentabilités stratosphériques de 20%.

Les turbulences boursières actuelles vont-elles perdurer ? Quelle stratégie recommandez-vous à vos clients ?

E.G : Je propose de surpondérer les actions en dessous de 3.100 points sur le Cac 40. Mon scénario central reste optimiste. Si les dirigeants européens parviennent à s'entendre pour mettre en place un volet de croissance basé sur l'investissement privé sans remettre en cause le pacte de discipline budgétaire, alors les investisseurs pourraient retrouver confiance.

Le Cac 40 vient de passer sous les 3.100 points. Où faut-il investir de préférence ?

E.G : Le stress actuel est considérable. On a rarement vu des valorisations aussi basses sur les marchés actions et un tel écart des « price to book » entre des valeurs bien orientées comme Essilor ou LVMH et des valeurs délaissées par les investisseurs comme Peugeot ou Société Générale. Ces derniers titres ne vont pas faire faillite, il peut donc être judicieux de se repositionner à l'achat, sans attendre non plus des miracles à court terme. Il faut oser être « contrarian » malgré les déboires de ces derniers mois. La situation actuelle ressemble à certains égards à celle de 1982. A l'époque, les banques centrales luttaient contre l'inflation en augmentant les taux (cette fois-ci, elles luttent contre la déflation via les QE, les LTRO etc.), l'or avait atteint un plus haut historique et les marchés actions ne sortaient pas du marasme. A ce niveau de valorisation, les opportunités sont nombreuses. Certaines sociétés cycliques valent en Bourse le quart ou le tiers de leurs fonds propres, ce qui n'a aucun sens !

Le critère de valorisation est-il le seul à prendre en considération actuellement ?

E.G : Non. Je regarde en particulier les valeurs dont le ratio cash net sur capitalisation boursière est particulièrement élevé. Parmi elles, citons Bull, Dassault Aviation ou Parrot, le spécialiste des périphériques sans fil de téléphonie mobile (kits mains libre etc.).

Propos recueillis par Julien Gautier

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  • rfx2 le mercredi 16 mai 2012 à 19:53

    Désolé de vous le dire M. Éric G., mais il s'agit d'un ramassis de bêtises ! Nous allons casser sans aucun doute les 3000 Pt sur le CAC d'ici peu (dans quelques jours ou semaines) car la défiance des marchés à l'égard de la situation économique européenne et de la mauvaise gestion de la situation de l'endettement par l'euro groupe sont encore des facteurs importants de craintes vis-à-vis des marchés actions. Si aujourd’hui le CAC a remonté ce n’est que grâce aux bons chiffres américains !

  • M6437502 le vendredi 11 mai 2012 à 15:27

    Notons que FH a investi la totalité de son bien dans une région vraiment prolo:maison à Mougins et 2 appartements à Cannes...NS lui est quand même plus proche de l'intérêt national avec ses 2,8 millions principalement investis en assurance vie,qui finance pas mal d'activités.Nous,PP,nous attendons d'être un peu mieux considérés.Assez des pertes et des insultes.

  • hriey le vendredi 11 mai 2012 à 12:03

    Ils sont marrants tous ces pseudo stratèges; ils commencent leurs exposés en écartant le(s) risque(s) le(s) plus grave(s) ! Comme ça, que ça s'arrange ou que ça s'aggrave, ils ont toujours raison. C'est facile.De toute façon, avec les fonds benchmarkés, les établissements financiers ont depuis longtemps abandonné la totalité de la prise de risque à leurs clients. Rien de nouveau donc.

  • marshaka le vendredi 11 mai 2012 à 11:50

    Je remarque juste, "si on écarte un scénario catastrophe", mais c'est quoi le scénario actuel ?

  • zunski le vendredi 11 mai 2012 à 10:26

    A voir.. le problème avec ce genre de discours , style=' c'est le momment , c'est pas cher..', c'est que , cela devient très 'cher' dès que l'on a investi..propos stéréotypé que l'on entend depuis 2008..cela n'a jamais aussi "bon" marché..mais de là à faire ses courses..

  • lematou3 le vendredi 11 mai 2012 à 10:13

    vas-y , surpondere, hin hin hin