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Après l’accord signé entre les créanciers privés et le gouvernement grec, les marchés semblent respirer à nouveau. Sommes-nous dans une phase de rebond durable ou bien faut-il rester très prudent ?
Eric Bleines : Les primes de risque sont en train de baisser. L’aversion pour le risque recule et les investisseurs internationaux, anglo-saxons notamment, reprennent confiance dans l’euro. Le LTRO et le succès des négociations en Grèce participent à ce regain de confiance. La reprise est molle mais va dans la bonne direction. Les résultats des entreprises sont solides, elles disposent de cash, de peu de stocks et restent globalement mal valorisées.
Vers quels types de valeurs se tourner de préférence ? E.B : Il me semble que le timing est bon pour les valeurs opéables. La situation financière des grandes entreprises est favorable et les valorisations modestes des valeurs opéables, malgré la hausse récente, plaident en ce sens. Je m'intéresse donc aux cibles potentielles.
Des exemples ?
E.B : L’agence de publicité britannique Aegis. Le titre pourrait profiter d’un désengagement de son premier actionnaire qui n’est autre que Vincent Bolloré et qui n’a pas caché son intention de céder ses parts. L’équipementier automobile Faurecia pourrait également susciter l’intérêt des investisseurs en cas de désengagement de Peugeot, sa maison-mère. Enfin, Gemalto est une très belle valeur technologique opéable qui a présenté des résultats annuels solides. Le spécialiste des cartes à puces va continuer de profiter des nouveaux services accessibles depuis un téléphone mobile. Le marché des transactions sécurisées est très bien orienté.
Quel titre pour profiter de la hausse des cours du baril ?
E.B : Nous aimons bien CGG Veritas. Présent dans l’amont de la filière pétrolière, l’ex Géophysique devrait profiter de la bonne tenue du marché de la recherche sismique. L’entreprise devrait également améliorer ses marges plutôt faibles et profiter du changement de management.
Et parmi les valeurs du Cac 40, laquelle retient votre attention ?
E.B : Accor a engagé un repositionnement habile sous la houlette de Denis Hennequin, son PDG qui dirigeait auparavant McDonald’s France. Le groupe hôtelier poursuit la cession de ses murs et entreprend une politique de rationalisation de ses marques. L’idée est de créer un concept d’hôtel standard au niveau mondial autour de la marque Ibis et de mettre l’accent sur la restauration. Le groupe français cherche par ailleurs à se séparer de la marque américaine Motel 6 qui constitue un foyer de pertes. A contrario, Accor accélère son développement dans les pays émergents, Brésil et Chine notamment. C’est une stratégie claire et pertinente...
Propos recueillis par Julien Gautier
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