Eric Bleines (CCR Actions) : « A ces niveaux de cours, il y a de vraies opportunités »

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Vendredi en séance, le Cac 40 poursuivait son décrochage au terme d'une semaine folle. C’est justement l’occasion de profiter des opportunités qui se présentent selon Eric Bleines, directeur général délégué de CCR Actions.

La chute des indices boursiers s’accélère. Vendredi, le Cac 40 abandonne encore plus de 8% en séance dans le sillage du Nikkei (-9,62%) alors que l’assureur japonais Yamato s’est déclaré en faillite. Cette panique est-elle justifiée selon vous ?

Eric Bleines : Il y a deux éléments à prendre en compte. D’abord, nous sommes en présence de ventes forcées. Ce sont des cours de liquidation. Certains clients sont dans l’obligation de vendre leurs positions. Ensuite, il faut souligner, et c’est un élément plus rassurant dans le contexte actuel, que les marchés actions fonctionnent. Certes, les cours dévissent mais au moins le marché est ouvert et les volumes importants ! Beaucoup d’autres marchés ne fonctionnent pas et cela est bien plus préoccupant. Or, il faut absolument que le marché interbancaire se dégèle pour permettre aux banques de se refinancer.

Pensez-vous que les interventions répétées des autorités publiques, avec la réunion très attendue du G7 vendredi, vont finir par porter leurs fruits ?

E.B : Beaucoup de mesures sont prises au niveau international et européen. Cela va dans le bon sens. Les garanties proposées par les autorités publiques devraient aider au rétablissement de la confiance, notamment sur le marché interbancaire d’ici quelques jours.

Le « lâchage » de Lehman Brothers était-il une erreur majeure selon vous ?

E.B : Effectivement, c’était une erreur ! Les autorités américaines ont voulu faire un exemple. En conséquence, elles ont « grippé » un système qui repose avant tout sur la confiance. Ce n’était assurément pas la bonne solution.

Quels conseils donneriez-vous à des actionnaires individuels dans l’immédiat ?

E.B : Ceux qui ne sont pas dans l’obligation de vendre des actions pour honorer un engagement ne doivent évidemment pas vendre ! Ils choisiraient bien mal le moment. Il faut bien avoir à l’esprit que les entreprises valent quelque chose et qu’elles ne vont pas cesser d’exister !

Justement, quelles valeurs sont particulièrement à « ramasser » selon vous ?

E.B : A ces niveaux, il y a de vraies opportunités. En regardant les cours de Total aujourd’hui, je ne suis pas inquiet. Le rendement est assuré, le management est de qualité, il n’y a pas de raison pour que l’action ne remonte pas. Dans les secteurs plus cycliques mais où la maintenance est importante, il faut regarder Michelin. C’est une société bien gérée qui met en oeuvre un programme d’amélioration des coûts. De plus, le manufacturier français profite de la baisse des matières premières et de la hausse du dollar. Certes, les immatriculations sont en baisse mais le groupe dispose de relais de croissance importants dans les pays émergents. Notons aussi que les capitalisations boursières de Schneider et de Saint Gobain sont à peine équivalentes à leurs fonds propres, ce qui constitue indéniablement une opportunité. Et même du côté des valeurs financières, citons les assureurs Axa et Allianz. Axa a récemment couvert son portefeuille actions et semble en mesure de profiter des difficultés de ses concurrents comme AIG.

Propos recueillis par Julien Gautier


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