Erdogan téléphone à Obama, se prévaut de son soutien

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    par Ece Toksabay 
    ISTANBUL, 20 février (Reuters) - La présidence turque a 
déclaré vendredi que le président Barack Obama partageait ses 
inquiétudes concernant le conflit syrien et l'avait assuré de 
son soutien dans la journée, quelques heures après un échange 
tendu entre les deux alliés de l'Otan sur le rôle des milices 
kurdes en Syrie. 
    Ankara a fait état d'une conversation téléphonique d'une 
heure vingt minutes pendant laquelle le président américain a 
déclaré à son homologue turc Tayyip Erdogan qu'Ankara avait le 
droit à l'autodéfense et a exprimé sa préoccupation face à la 
progression des forces kurdes dans le nord-ouest de la Syrie.  
    Selon la Maison blanche, Barack Obama a dit à son 
interlocuteur que les miliciens des YPG (Unités de protection du 
peuple) ne devaient pas chercher à exploiter les gains récents 
de l'armée syrienne pour s'emparer de nouveaux territoires.  
    Le président des Etats-Unis a toutefois également demandé à 
Ankara de faire preuve de "retenue réciproque" en arrêtant de 
bombarder les positions des YPG en Syrie, indique un communiqué. 
    La Turquie accuse les YPG d'avoir commis l'attentat qui a 
fait 28 morts, des soldats pour la plupart, mercredi à Ankara, 
mais les YPG ont démenti et l'attaque a été revendiquée vendredi 
par un groupe kurde dissident du Parti des travailleurs du 
Kurdistan (PKK).   
    Dans la journée, Tayyip Erdogan a mis en cause son allié 
américain en déclarant que des armes fournies par les Américains 
aux YPG avaient été utilisées contre des civils. 
    Le département d'Etat, qui considère les YPG comme un allié 
précieux dans la lutte contre le groupe Etat islamique, a 
répondu que les Etats-Unis n'avaient fourni "aucune arme 
d'aucune sorte" aux Unités de protection du peuple.  
    Devant des journalistes à Istanbul, Tayyip Erdgan s'est 
s'est déclaré déçu que les Occidentaux ne classent pas le PYD 
(Parti de l'Union démocratique), qu'Ankara voit comme une 
filiale syrienne du PKK, comme organisation terroriste. Les YPG 
sont le bras armé du PYD.  
    "Je lui dirai: 'Regardez à quoi ces armes que vous avez 
fournies ont servi'," a déclaré le président turc en évoquant sa 
conversation à venir avec Barack Obama.  
    "Il y a plusieurs mois, (...) je lui ai dit que les 
Etats-Unis fournissaient des armes. Trois cargaisons d'avion 
sont arrivées, la moitié a fini entre les mains de Daech (Etat 
islamique) et l'autre moitié entre les mains du PYD", a affirmé 
Tayyip Erdogan. "Contre qui ces armes ont-elles été utilisées ? 
Elles ont été utilisées contre des civils et causé des morts." 
    Le président turc semblait faire allusion à l'envoi par 
avion, fin 2014, d'une aide militaire aux combattants kurdes 
luttant contre l'EI près de Kobani. Le Pentagone avait alors 
reconnu qu'un des 28 "paquets" alors parachutés avait été 
récupéré par Daech, ajoutant par la suite qu'il avait détruit 
cette aide ensuite lors d'une frappe aérienne. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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