Erdogan reverra "de A à Z" les liens avec l'UE après le 16 avril

le
1
    ISTANBUL, 23 mars (Reuters) - La Turquie reverra tous les 
liens politiques et administratifs avec l'Union européenne après 
le référendum du 16 avril, y compris l'accord sur les migrants, 
mais maintiendra ses relations économiques avec le bloc, a 
déclaré jeudi le président turc Recep Tayyip Erdogan.  
    Dans une interview accordée à la chaîne CNN Turk, le chef de 
l'Etat a affirmé que tout serait revu "de A à Z" après le vote 
sur la réforme constitutionnelle destinée à renforcer les 
pouvoirs présidentiels.  
    Les relations entre Ankara et l'Union européenne sont 
particulièrement tendues depuis que deux pays membres, Allemagne 
et Pays-Bas, ont annulé plusieurs réunions publiques sur leur 
territoire où devaient intervenir des ministres turcs dans le 
cadre de leur campagne en faveur du référendum. 
    Erdogan a plusieurs fois accusé les deux pays de "pratiques 
nazies", s'attirant les foudres de Berlin et Amsterdam.  
    Revenant sur ces comparaisons, Recep Tayyip Erdogan n'a 
affiché aucun regret jeudi. "Ça vous trouble que nous disions 
que c'est du fascisme, du nazisme, mais ce que vous faites entre 
dans cette définition", a déclaré le président turc.  
    Sur CNN Turk, Recep Tayyip Erdogan a également démenti tout 
projet de se rendre en Allemagne avant le 16 avril, 
contrairement à ce qu'avaient laissé entendre certains médias.  
    Le président turc, qui compte beaucoup sur le vote de la 
diaspora lors du référendum, accuse les pays européens 
d'autoriser les événements en faveur du "non" tout en 
interdisant la venue de ses ministres. 
    Il s'est ainsi attiré les critiques du président bulgare 
Roumen Radev en accusant la Bulgarie de "faire pression" sur les 
Turcs expatriés en Bulgarie, dans un contexte de tensions 
croissantes entre Ankara et Sofia.  
    "La Bulgarie ne donne pas de leçons de démocratie, mais 
n'accepte pas d'en recevoir, en particulier de la part de pays 
qui ne respectent pas l'Etat de droit", a dit le chef de l'Etat 
bulgare. 
    La semaine dernière, le gouvernement bulgare a convoqué 
l'ambassadeur de Turquie à Sofia et rappelé son propre 
ambassadeur à Ankara pour consultations, "afin de prévenir toute 
tentative de la Turquie d'influencer" les élections législatives 
anticipées programmées dimanche en Bulgarie.  
    La Bulgarie a également expulsé un ressortissant turc et a 
interdit à deux autres d'entrer sur son territoire, à la suite 
d'informations selon lesquelles un ministre turc aurait fait 
campagne pour le parti bulgare DOST, qui représente les Trucs de 
Bulgarie, la plus importante minorité ethnique du pays, estimée 
à quelque 500.000 personnes. 
 
 (Ece Toksabay; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • jpc50 il y a 11 mois

    Il n'y a pas d'asiles psychiatriques en Turquie ?