Erdogan resserre son emprise sur l'armée en Turquie

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 (Ajoute 1.400 militaires limogés, changements au Conseil 
militaire suprême) 
    ANKARA, 31 juillet (Reuters) - Les autorités turques ont 
annoncé ce week-end une série de mesures visant à mettre l'armée 
au pas après la tentative de coup d'Etat de la nuit du 15 au 16 
juillet qui a ébranlé le pouvoir en place.  
    Près de 1.400 militaires ont été exclus des rangs de l'armée 
en raison de leurs liens présumés avec le mouvement de l'imam 
Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'avoir fomenté la tentative 
de putsch, a rapporté dimanche l'agence de presse officielle 
Anatolie. 
    Gülen, qui est installé aux Etats-Unis depuis plus de 15 
ans, dément toute implication et a condamné le coup de force.  
    Samedi soir, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait 
déjà annoncé la fermeture des écoles militaires existantes et le 
placement de l'armée sous le contrôle du ministère de la 
Défense. 
    De nouveaux ministres, dont deux de la Justice, de 
l'Intérieur et des Affaires étrangères, vont également être 
intégrés au Conseil militaire suprême, organe de supervision des 
forces armées placé sous l'autorité du Premier ministre.  
    Ces réformes interviennent après le limogeage de plus de 
1.700 membres du personnel militaire pour leur rôle dans la 
tentative de coup d'Etat. 
    Parmi ces 1.700 soldats limogés figurent 40% des généraux et 
amiraux du pays. 
    Recep Tayyip Erdogan a déclaré la semaine dernière à Reuters 
que l'armée turque avait besoin de sang neuf.   
    Plus de 60.000 militaires, magistrats, fonctionnaires et 
enseignants ont été arrêtés, limogés ou suspendus pour leurs 
liens supposés avec Fethullah Gülen. 
    "Nos forces armées seront bien plus puissantes grâce aux 
décrets que nous préparons. Les commandants de nos forces armées 
rendront compte au ministre de la Défense", a déclaré Recep 
Tayyip Erdogan à la chaîne de télévision privée Haber. 
    "Les écoles militaires seront fermées. Nous allons créer une 
université nationale de la défense." 
    Recep Tayyip Erdogan a également annoncé qu'il souhaitait 
que les services de renseignement et le chef d'état-major 
dépendent directement de la présidence, ce qui nécessitera au 
préalable une révision constitutionnelle et donc l'accord de 
l'opposition. 
    Pour l'heure, les services de renseignement et le chef 
d'état-major dépendent du Premier ministre. En les plaçant sous 
le contrôle de la présidence, Recep Tayyip Erdogan concrétisera 
son souhait d'étendre les prérogatives du chef de l'Etat, un 
projet qu'il caresse depuis de longues années mais qu'il n'est 
toujours pas parvenu à mettre en oeuvre. 
 
 (Ayla Jean Yackley, Seyhmus Cakan; Nicolas Delame et 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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