Erdogan ou la stratégie du chaos

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Des habitants d'Istanbul manifestent en soutien au président Recep Tayyip Erdogan le 6 août 2016, après le coup d'État manqué du 15 juillet.   
Des habitants d'Istanbul manifestent en soutien au président Recep Tayyip Erdogan le 6 août 2016, après le coup d'État manqué du 15 juillet.   

Le visage de Recep Tayyip Erdogan est blême. Le président turc, qui tient le pays d'une main de fer depuis treize ans, vient d'être victime d'une tentative de coup d'État d'une partie de l'armée. Dos au mur, il joue son ultime va-tout. Joint via smartphone par la présentatrice de la chaîne de télévision CNN Türk, il enjoint « son peuple » à se mobiliser sur toutes les places du pays. Le message présidentiel est entendu. Des milliers de ses partisans descendent dans les rues d'Istanbul et d'Ankara pour lutter, à mains nues, contre les chars et les blindés. Deux cent soixante-cinq personnes perdent la vie. Mais le leader turc est sauvé par « son » peuple.

La menace écartée, le « Sultan » a désormais les coudées franches pour débarrasser l'État de ces « traîtres ». Dès le lendemain du coup d'État avorté, des dizaines de milliers de fonctionnaires, soupçonnés d'appartenir à la confrérie religieuse de l'imam Fethullah Gülen, sont arrêtés. Armée, Éducation nationale, mais aussi médias, aucun secteur n'est épargné. « Un grand cadeau de Dieu », s'exclame alors le président. Profitant de ces purges, le président turc évince ses derniers opposants. Comment l'islamo-conservateur Erdogan, autrefois présenté comme un « modèle » par l'Occident et le monde arabe, est-il devenu un tel despote ?

Loin de se contenter d'une critique gratuite de Recep Tayyip Erdogan, les journalistes...

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