Erdogan met en garde la Cour constitutionnelle turque

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    ISTANBUL, 11 mars (Reuters) - L'arrêt de la Cour 
constitutionnelle ordonnant la libération de deux journalistes 
travaillant pour un titre de l'opposition constitue une décision 
contre la Turquie et contre son peuple, a estimé le président 
turc Recep Tayyip Erdogan, vendredi. 
    La haute juridiction turque avait ordonné le mois dernier la 
remise en liberté de Can Dundar et de Erdem Gül, respectivement 
rédacteur en chef et chef du bureau d'Ankara du journal 
Cumhuriyet, estimant que leur détention était "illégale". 
    Les deux journalistes avaient été arrêtés en novembre pour 
avoir publié des informations que les autorités turques 
jugeaient contraires à la sécurité de l'Etat. Ils étaient 
accusés d'avoir aidé intentionnellement une organisation 
terroriste armée. 
    "Cette institution, avec l'implication de son président et 
de certains de ses membres, n'a pas hésité à prendre une 
décision qui va contre le pays et son peuple, sur un problème 
qui est un exemple concret de l'une des plus importantes 
attaques récentes contre la Turquie", a dit Erdogan lors d'un 
rassemblement à Burdur dans le sud-ouest du pays. 
    "J'espère que la Cour constitutionnelle ne mènera pas de 
nouvelles initiatives de ce genre qui poseraient la question de 
son existence et de sa légitimité", a poursuivi le chef de 
l'Etat dans un discours retransmis en direct à la télévision. 
    Cumhuriyet avait publié en mai des photos, des vidéos et un 
reportage montrant des membres des services de renseignement 
turcs transportant dans des camions des armes à destination de 
la Syrie en 2014. 
   Erdogan avait estimé que le reportage faisait partie d'un 
projet visant à affaiblir la Turquie, une initiative qu'il 
affirmait ne pas pouvoir pardonner. 
    Les dirigeants européens s'inquiètent de ce que certains 
perçoivent comme une dérive autoritaire du chef de l'Etat turc 
au moment où Ankara veut relancer le processus de son adhésion 
au bloc communautaire. L'UE s'est notamment émue de la mise sous 
tutelle d'un autre journal d'opposition, Zaman, la semaine 
passée. 
    Erdogan a affirmé que le fonctionnement de l'appareil d'Etat 
turc était normal et que la Constitution était respectée et a 
promis qu'il s'opposerait à quiconque tenterait de perturber ce 
fonctionnement. "Si la Cour constitutionnelle décide de 
s'engager dans cette voie, je n'hésiterai pas à exprimer mon 
opposition", a-t-il assuré. 
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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  • M9425023 le vendredi 11 mar 2016 à 16:30

    Apparemment, il ne suffit pas de se bander les yeux, il va falloir se les arracher pour ne pas voir la dérive Turque. Que dis-je dérive, naufrage démocratique !