Erdogan menace de laisser passer les migrants vers l'Europe

le , mis à jour à 13:10
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 (Actualisé avec réaction allemande §8-9) 
    ISTANBUL, 25 novembre (Reuters) - Le président turc Recep 
Tayyip Erdogan a menacé vendredi d'ouvrir les frontières de la 
Turquie et de laisser passer les migrants si les Européens 
poursuivaient dans la voie d'un gel des négociations sur 
l'adhésion turque au bloc communautaire. 
    Cette mise en garde intervient au lendemain d'un vote du 
Parlement européen invitant "la Commission (européenne) et les 
États membres à entamer un gel temporaire des négociations 
d'adhésion en cours avec la Turquie".   
    "Si vous allez plus loin, la porte des frontières sera 
ouverte", a lancé Erdogan lors d'un congrès à Istanbul. "Ni moi, 
ni mon peuple ne serons affectés par ces menaces vides. Cela 
n'aura aucune importance si vous approuvez tous le vote (du 
Parlement)", a-t-il ajouté. 
    Jeudi soir, le Premier ministre turc Binali Yildirim avait 
estimé que l'Europe serait "noyée" sous des vagues de migrants 
si elle ne pouvait plus compter sur l'aide de la Turquie qui, 
selon lui, a beaucoup moins à perdre que les Européens dans le 
gel de la procédure d'adhésion turque. 
    Le vote du Parlement européen, qui n'est qu'une 
recommandation et n'a pas de valeur contraignante, entend 
exprimer les inquiétudes de l'UE face à la répression menée en 
Turquie depuis le coup d'Etat manqué du 15 juillet. 
    Européens et Turcs ont un intérêt commun à s'en tenir à 
l'accord conclu sur la gestion des flux migratoires, a indiqué 
un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères. 
    "Si on s'en tient aux faits, on constate que les deux partis 
respectent l'accord et nous espérons que cela reste le cas dans 
l'intérêt des deux", a déclaré Sawsan Chebli. 
    L'Union européenne qui observe d'un oeil méfiant ce qu'elle 
considère comme une dérive autoritaire du régime d'Erdogan avec 
des restrictions sur la liberté de la presse et sur le respect 
des droits de l'homme a besoin de l'aide d'Ankara pour gérer la 
crise des réfugiés. 
    Plus de 1,3 million de personnes sont arrivées l'an passé en 
Europe provoquant des tensions entre les Etats membres sur la 
manière de faire face à cette situation. L'accord passé avec la 
Turquie a ralenti de manière significative le nombre de nouveaux 
arrivants. 
    La Turquie précise qu'elle abrite la plus grande population 
de réfugiés au monde avec 2,7 millions de Syriens et 300.000 
Irakiens. 
    Il est peu probable que les gouvernements européens tiennent 
compte de la recommandation du Parlement de Strasbourg. Si 
l'Autriche est favorable à un arrêt des négociations avec la 
Turquie, l'Allemagne, la France et la plupart des autres pays 
membres continuent de soutenir le processus redoutant de 
compromettre la collaboration avec Erdogan. 
     
 
 (Daren Butler avec Paul Carrel à Berlin; Pierre Sérisier pour 
le service français) 
 
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  • M7166371 il y a 8 mois

    abject individu , j'ai rarement vu quoi que ce soit d'aussi répugnant que cet autocrate

  • floalain il y a 8 mois

    Scandaleux ce type est un dictateur de la pire espèce. S'il ouvre ses frontières, il suffit de fermer les nôtres, mais l'Europe en est incapable.

  • M7163258 il y a 8 mois

    La Turquie passe son temps à menacer!! Les islamistes ont pour volonté de soumettre et pour habitude d'éliminer ceux qui ne veulent pas se...