Erdogan : l'offensive turque en Syrie visera Manbij et Rakka

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    ANKARA, 27 octobre (Reuters) - Les opérations militaires 
turques dans le nord de la Syrie auront pour objectif la ville 
de Manbij, récemment reprise à l'Etat islamique par les forces 
kurdes, et la "capitale" de l'EI, Rakka, a annoncé jeudi le 
président turc Recep Tayyip Erdogan. 
    Avant Manbij et Rakka, l'opération visera la ville d'Al Bab, 
a précisé le chef de l'Etat turc. 
    Dans un discours diffusé en direct à Ankara, Recep Tayyip 
Erdogan a déclaré avoir informé le président Barack Obama de ses 
plans lors d'un entretien téléphonique mercredi.   
    Des rebelles syriens, appuyés par les armées de l'air et de 
terre turques, ont lancé en août l'opération "Bouclier de 
l'Euphrate" pour repousser à la fois l'EI et les milices kurdes 
syriennes YPG de la zone frontalière du nord de la Syrie. 
    La Turquie n'apprécie pas le soutien de Washington aux YPG 
(Unités de protection du peuple) dans la lutte contre l'EI en 
Syrie. Ankara les considère comme une force hostile ayant des 
liens forts avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) 
qui lutte pour l'autonomie du sud-est de la Turquie. 
    Mercredi, le général Stephen Townsend, qui commande les 
forces armées américaines en Irak a précisé que les combattants 
YPG feraient partie de la force qui sera chargée d'isoler Rakka. 
Ensuite, la prise de la ville elle-même sera menée par les 
forces arabes qui combattent à leurs côtés au sein des Forces 
démocratiques syriennes (FDS), selon le plan prévu par les 
autorités américaines. 
    Le ministre turc de la Défense Fikri Isik a déclaré jeudi à 
la télévision publique TRT que la Turquie avait demandé aux 
Etats-Unis de ne pas autoriser les YPG à entrer dans Rakka et 
souligné que le gouvernement turc était prêt à fournir le 
soutien militaire nécessaire pour reprendre la ville. 
    En ce qui concerne le PKK, Recep Tayyip Erdogan a déclaré 
que la région irakienne de Sindjar, à l'ouest de Mossoul, était 
en passe de devenir une nouvelle base du parti séparatiste kurde 
et que la Turquie avait décidé d'empêcher que cela se produise. 
    Quant à l'EI, la Turquie a arrêté jeudi 81 personnes, pour 
la plupart des étrangers, soupçonnés de vouloir rejoindre le 
groupe djihadiste en Irak et en Syrie, a annoncé l'agence de 
presse Dogan. 
    Vingt-et-un d'entre eux sont soupçonnés d'être de hauts 
dirigeants de l'EI, tandis que 60 sont de nationalité étrangère. 
Les arrestations ont principalement eu lieu à Istanbul, mais 
aussi dans 31 endroits de six provinces turques. 
 
 (Daren Butler et Orhan Coskun; Danielle Rouquié pour le service 
français, édité par Tangi Salaün) 
 
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