Erdogan et Trump d'accord pour lutter ensemble contre l'EI

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 (Actualisé avec détails des combats sur le terrain) 
    ANKARA, 8 février (Reuters) - Le président turc Recep Tayyip 
Erdogan et Donald Trump ont convenu dans un entretien 
téléphonique nocturne d'agir de concert dans la lutte contre le 
groupe Etat islamique qui contrôle les villes d'al Bab et de 
Rakka en Syrie, indique une source présidentielle turque 
mercredi. 
    Les deux dirigeants ont évoqué la question de 
l'établissement d'une zone de sécurité en Syrie, celle de la 
crise des réfugiés et celle de la lutte contre le terrorisme, 
précise cette source. 
    Erdogan a demandé au président américain de mettre fin au 
soutien que les Etats-Unis apportent aux miliciens kurdes des 
Unités de protection du peuple (YPG) qu'Ankara accuse d'être une 
émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) considéré 
comme une organisation terroriste. 
    Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de 
milices soutenues par les Etats-Unis, ont entamé samedi une 
nouvelle phase de leur campagne contre le bastion de l'EI à 
Rakka. 
    La Turquie, qui appartient à l'Otan, a demandé à plusieurs 
reprises de faire partie de cette opération de reprise de la 
ville tout en refusant que les milices YPG, membres des FDS, y 
soient associées. 
    A al Bab, l'armée turque et les rebelles syriens se sont 
rendus maîtres des faubourgs à l'ouest de l'agglomération 
mercredi au moment où les forces soutenant le régime de Bachar 
al Assad s'approchent du théâtre des combats. 
    "Les défenses de l'Etat islamique ont été brisées lors de 
l'assaut de la nuit dernière et la progression se poursuit", a 
déclaré un représentant des rebelles turkmènes syriens 
s'exprimant dans la ville turque de Gaziantep. 
    L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a annoncé 
que les troupes turques et leurs alliés de l'Armée syrienne 
libre (ASL) avaient pris possession d'une colline à la 
périphérie occidentale de la ville. 
    Le directeur de la CIA, Mike Pompeo, doit se rendre en 
Turquie jeudi pour évoquer la question des milices YPG ainsi que 
la lutte contre le réseau du prédicateur turc Fethullah Gülen, 
qui vit en exil en Pennsylvanie. 
    Recep Erdogan accuse Gülen de diriger un réseau dont les 
membres ont infiltré l'administration turque et l'armée avec 
l'intention de renverser le gouvernement. Selon lui, Gülen est 
l'artisan du coup d'Etat manqué commis en juillet dernier. 
    Le gouvernement turc mène depuis cette date une répression à 
grande échelle dans l'administration. Plus de 4.400 enseignants, 
policiers et universitaires supplémentaires ont été limogés pour 
leurs liens présumés avec cette organisation, annonce un décret 
publié mardi. 
    Au total, plus de 125.000 personnes ont été démises de leurs 
fonctions et 44.000 arrêtées depuis le putsch en Turquie. 
 
 (Tulay Karadeniz; Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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