Erdogan devrait renforcer sa mainmise sur le gouvernement turc

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par Orhan Coskun et Ercan Gurses ANKARA, 3 novembre (Reuters) - Le président Recep Tayyip Erdogan, fort de la majorité absolue retrouvée par son parti AKP au Parlement turc, devrait nommer plusieurs de ses proches conseillers dans le prochain gouvernement, a-t-on appris mardi de sources autorisées à Ankara. Le Parti de la justice et du développement (AKP) a retrouvé dimanche cette majorité qu'il avait perdue il y a cinq mois et a progressé de près de neuf points dans les urnes. ID:nL8N12X099 L'opposition craint que ce succès ne conforte le chef de l'Etat dans ses penchants autoritaires. La police turque a interpellé mardi plusieurs dizaines de personnes, dont des policiers et des fonctionnaires, soupçonnés d'être liés au prédicateur islamique Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis. ID:nL8N12Y2MY Lundi, une perquisition a été menée dans les bureaux d'un magazine de gauche à la suite d'une "une" qui a déplu au pouvoir -- elle laissait entendre que la nette victoire de l'AKP allait conduire à une aggravation des conflits à l'intérieur du pays. Dans le sud-est de la Turquie, peuplé majoritairement de Kurdes et où des affrontements ont fait trois morts mardi, l'armée a imposé le couvre-feu dans plusieurs quartiers de la ville de Silvan, à 60 km au nord de Diyarbakir. Lundi, de nouvelles attaques aériennes ont été menées contre des positions des séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak. "Depuis Machiavel, on sait comment se servir de la peur en politique. Dans ce domaine, M. Tayyip a prouvé qu'il était un maître", écrit Ali Sirmen dans un éditorial du journal d'opposition Cumhuriyet. "NOUVELLE TURQUIE" Le nouveau gouvernement, qui devrait être annoncé au plus tôt dans une dizaine de jours, comprendra très certainement à des postes clés plusieurs proches conseillers d'Erdogan issus de ce qu'on appelle le "cabinet fantôme", même si le Premier ministre Ahmet Davutoglu devrait conserver la haute main sur les affaires économiques. On avance notamment les noms de l'ancien ministre des Transports Binali Yildirim, de l'ex-ministre de l'Intérieur Efkan Ala, de Bekir Bozdag, qui fut ministre de la Justice, et de l'ancien ministre des Douanes Nurettin Canikli. L'ex-ministre de l'Energie Taner Yildiz devrait également retrouver ce poste. Lors de la campagne électorale, Erdogan a promis de forger une "Nouvelle Turquie" capable de jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale. Le Premier ministre Ahmet Davutoglu, en tant que chef de l'AKP, veut maintenir à des postes clés le ministre des Finances Mehmet Simsek, ainsi que l'ancien vice-Premier ministre Ali Babacan, qui tous deux ont su gagner la confiance des investisseurs. "La seule question encore ouverte, c'est de savoir si la victoire (aux législatives) profitera d'abord à M. Tayyip ou à Davutoglu", écrit Ali Sirmen dans Cumhuriyet. "Mais tout laisse supposer que la personnalité dominante de M. Tayyip s'imposera." (Avec Seyhmus Cakan à Diyarbakir, Ece Toksabay à Ankara, Daren Butler et Melih Aslan à Istanbul; Guy Kerivel pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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