Erdogan dénonce le possible gel de l'adhésion turque à l'UE

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 (Actualisé avec contexte) 
    ISTANBUL, 23 novembre (Reuters) - Le président turc Recep 
Tayyip Erdogan a affirmé mercredi que la volonté de certains 
élus du Parlement européen de geler les discussions sur 
l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne "n'avait aucune 
valeur" à ses yeux. 
    "Nous avons clairement montré à de nombreuses reprises que 
nous respections les valeurs européennes mieux que de nombreux 
pays de l'UE mais nous ne constatons aucun soutien des 
partenaires occidentaux. Aucune promesse n'est respectée", a 
déclaré Erdogan lors de la conférence de l'Organisation de la 
coopération islamique (OCI) à Istanbul. 
    "Il y aura demain (jeudi) une session au Parlement européen 
et ils vont voter sur les négociations de l'UE avec la Turquie. 
Quel que soit le résultat, ce vote n'aura aucune valeur à nos 
yeux", a-t-il poursuivi accusant également les Européens de 
prendre le parti d'organisations terroristes. 
    Les dirigeants de plusieurs groupes au Parlement de 
Strasbourg ont expliqué mardi "qu'il était impossible de mener 
un dialogue avec la Turquie dans les circonstances actuelles". 
  
    Les députés européens s'inquiètent notamment du projet de 
rétablissement de la peine de mort et de la poursuite de la 
répression menée dans le pays depuis le putsch manqué le 15 
juillet. 
    Plus de 125.000 personnes, militaires, policiers, magistrats 
mais aussi fonctionnaires ont été limogés et pour certains 
emprisonnés en raison de leurs liens présumés avec le 
prédicateur Fethullah Gülen qui vit en exil aux Etats-Unis. 
    Erdogan affirme que Gülen, qui fut autrefois son allié avant 
de devenir son adversaire, est l'instigateur du coup d'Etat 
manqué. Ce dernier dément cette accusation. 
    Le président turc n'a pas apprécié la réaction des Européens 
face à cette tentative de coup de force, leur reprochant d'être 
plus préoccupés par les droits des putschistes que par la 
gravité des faits commis. 
    Il accuse par ailleurs les Européens de protéger des membres 
du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène depuis 
plus de trente ans une insurrection contre l'Etat turc. Le PKK 
est considéré comme une organisation terroriste par l'UE et par 
les Etats-Unis. 
    Erdogan a été particulièrement agacé par une manifestation 
de sympathisants du PKK en marge d'un sommet UE-Turquie à 
Bruxelles en mars. Selon lui, cet événement démontrait le 
"double langage" des Européens. 
     
     
 
 (Daren Butler; Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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