Erdogan annonce des élections en Turquie le 1er novembre

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(Précisions) par Ercan Gurses et Orhan Coskun ANKARA, 21 août (Reuters) - Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé vendredi que des élections législatives anticipées auraient lieu le 1er novembre, le Premier ministre Ahmet Davutoglu n'ayant pas réussi à constituer un gouvernement de coalition. Erdogan a précisé qu'il allait demander à Davutoglu en début de semaine prochaine de constituer un gouvernement de transition dont les membres seront choisis au sein du Parlement mais également, si nécessaire, à l'extérieur de celui-ci. Les élections législatives organisées le 7 juin ont vu le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) perdre la majorité absolue dont il disposait au parlement depuis 2002. Le président espère sortir renforcé du prochain scrutin. Le précédent avait mis entre parenthèses ses espoirs de modifier la Constitution pour donner davantage de pouvoirs au chef de l'Etat et plongé par la même occasion le pays dans l'incertitude. "Quelle que soit la personne à qui je confierai le mandat, elle formera un gouvernement intérimaire composé de membres qui seront issus, ou ne le seront pas si c'est nécessaire, du Parlement", a dit le président à la presse après avoir pris part à la prière du vendredi. En vertu de la Constitution, tous les partis présents au Parlement doivent être représentés dans ce cabinet de transition en fonction du nombre de sièges dont chacun dispose. Mais le passage de la théorie à la pratique s'annonce délicat, d'une part parce qu'il s'agira d'une première -- jamais la Turquie ne s'était trouvée en situation d'appliquer cette disposition constitutionnelle -- et d'autre part parce que toutes les formations ne sont pas prêtes à participer. "PERSONNALITÉS INDÉPENDANTES" Le Parti républicain du peuple (CHP) et le Parti d'action nationaliste (MHP) ont fait savoir qu'ils n'étaient pas intéressés et le Parti démocratique des peuples (HDP), formation historiquement prokurde, se dit disposé à entrer dans ce gouvernement uniquement s'il a toute latitude pour choisir ses ministres, ce qui est loin d'être acquis. "Je crois que le HDP veut que ses dirigeants figurent dans ce gouvernement. Mais il n'y a aucune obligation légale à ce sujet", commente Mehmet Sahin, de l'Institut de réflexion stratégique, basé à Ankara. Selon le principal conseiller d'Erdogan pour les affaires constitutionnelles, Burhan Kuzu, le cabinet doit être formé dans un délai de cinq jours à partir du moment où le mandat est confié au Premier ministre et le président a son mot à dire sur les nominations. "Si le HDP décide de ne pas participer, des personnalités indépendantes seront désignées", a-t-il dit à Reuters. "Le Premier ministre va composer le gouvernement et le présenter au président pour signature. Ce sera fait au plus tard le 31 août", a ajouté Burhan Kuzu. En théorie, la composition actuelle du parlement devrait réserver six ou sept portefeuilles au CHP, principal parti d'opposition, dans un cabinet de 25 membres, et trois chacun au MHP et au HDP. Si ces formations devaient effectivement décliner l'invitation, les ministres "indépendants" pourraient être des technocrates et d'anciens membres de l'AKP, restés sympathisants du parti au pouvoir -- autrement dit, ce cabinet dont la durée de vie sera limitée a toutes les chances d'être dominé par des pro-Erdogan. (Avec Ece Toksabay à Ankara et Daren Butler à Istanbul; Pierre Sérisier et Simon Carraud pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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