Erdogan accuse Moscou d'armer le PKK

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 (Actualisé avec responsables gouvernementaux, précisions) 
    ANKARA, 30 mai (Reuters) - Le président turc, Recep Tayyip 
Erdogan, a accusé la Russie de fournir des armes antiaériennes 
et des roquettes aux combattants du Parti des travailleurs du 
Kurdistan (PKK), ont déclaré lundi des responsables 
gouvernementaux, confirmant des informations de la presse 
turque. 
    S'adressant à la presse à bord de son avion à l'issue d'une 
visite dans le sud-est de la Turquie au cours du week-end, le 
chef de l'Etat a accusé Moscou de transférer des armes au PKK 
via l'Irak et la Syrie, a rapporté le journal Star. 
    "Actuellement, des terroristes utilisent des armes 
antiaériennes et des missiles fournis par la Russie. 
L'organisation terroriste séparatiste est équipée de telles 
armes. Elles lui ont été livrées via la Syrie et l'Irak", a 
déclaré Erdogan, cité par Star. 
    L'"organisation terroriste séparatiste" est la formule 
utilisée par le gouvernement turc pour le PKK, déclaré 
hors-la-loi, et qui mène depuis 1984 une insurrection contre le 
pouvoir turc dans le sud-est du pays. 
    Deux responsables gouvernementaux turcs ont confirmé que le 
chef de l'Etat avait bien porté ces accusations contre Moscou. 
    La Russie, qui est intervenue militairement pour soutenir le 
régime de Bachar al Assad en Syrie, a dit à plusieurs reprises 
fournir des armes à la milice kurde YPG, émanation syrienne du 
PKK, elle-même en conflit avec certains groupes insurgés dans le 
nord du pays. 
    Les relations entre Ankara et Moscou se sont fortement 
dégradées depuis que la chasse turque a abattu l'an dernier un 
chasseur-bombardier russe opérant en Syrie, qu'elle a accusé 
d'avoir pénétré dans son espace aérien. 
    Lundi, le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus a 
néanmoins tenu des propos beaucoup plus apaisants que ceux 
d'Erdogan au sujet des liens avec Moscou. 
    "Ni La Russie, ni la Turquie ne peuvent se permettre de 
sacrifier leur relation commune", a déclaré Kurtulmus, qui est 
aussi porte-parole du gouvernement, pendant une conférence de 
presse. 
    "J'aurais souhaité que de telles tensions n'apparaissent 
jamais mais je pense que les relations turco-russes peuvent 
s'améliorer d'ici peu. Il n'y a aucun problème entre nos deux 
pays qui ne puisse être surmonté. J'espère que ces questions 
pourront être réglées par le dialogue." 
    La Turquie et la Russie étaient jusqu'à l'an dernier 
d'importants partenaires commerciaux et avaient de grands 
projets communs de développement dans le domaine pétrolier et 
gazier. 
 
 (Orhan Coskun et Ece Toksabay, avec Ercan Gurses à Ankara et 
Seda Sezer à Istanbul; Eric Faye et Tangi Salaün pour le service 
français) 
 
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